Non à l’intervention militaire au Mali ! (Organisation de Femmes Egalité)

femmes egaliteNon à l’intervention militaire au Mali ! C’est une guerre de domination, ce n’est pas une guerre de libération, ni pour les femmes ni pour le peuple malien.

Les images qui nous sont montrées sont celles d’une population qui vit l’intervention des troupes françaises comme un soulagement… Ne nous y trompons pas !

Même si nous pouvons comprendre les attentes de ces gens qui subissent  les conditions invivables imposées par les groupes armés islamistes, ce soulagement est de bien courte durée ! Pour la population, prise en étau entre groupes extrémistes et troupes d’intervention, c’est le prix fort qu’elle va payer : destructions des maisons et villages, famine, exode, avec le lot de « morts civiles » qui vont avec. Déjà plus de 300 000 maliens sont partis pour fuir la guerre, 15 jours seulement après le début de l’intervention militaire française. Ils ont quitté leur terre et s’entassent dans des camps de fortune installés dans les pays limitrophes ; ce qui les y attend : la pénurie et son lot d’épidémies…
 
Cette guerre est l’occasion pour l’impérialisme français de renforcer sa présence en Afrique !
 
Que le discours pour justifier cette intervention, « lutter contre les groupes armés islamistes », ne nous empêche pas de voir la véritable nature de cette guerre. Il s’agit bel et bien de l’intervention d’une puissance impérialiste en quête de domination et de pillage de richesses.
Le Mali est un pays au sous-sol riche : de l’or, valeur refuge en temps de crise, de l’uranium, si nécessaire pour les centrales nucléaires, ainsi que du pétrole. L’exploitation de ces richesses profite aux firmes multinationales ; ce n’est pas la population qui en bénéficie, elle dont 44% vit sous le seuil de pauvreté. C’est cette même pauvreté qui amène les gens à fuir leur pays pour trouver refuge en France, à la recherche d’une vie plus sûre et meilleure.
 
Le Mali est un pays qui connaît une situation politique à rebondissements. Coup d’Etat en mars dernier, pressions des pays de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) exerçant un embargo économique, et ce en collaboration avec la communauté internationale, dont la France. Dans toute cette région, c’est cette situation conjuguant pauvreté et grande instabilité qui est en grande partie à l’origine de la progression des groupes armés islamistes : ils ont pu s’installer, se développer, et ont eu tout loisir de se doter d’armes puissantes, grâce aux arsenaux transférés sans problèmes de la Lybie vers le Mali après l’intervention militaire de l’Otan en Lybie ; et la France y a participé activement, contribuant ainsi à faire de la région du Sahel une véritable poudrière.
Après avoir participé grandement à affaiblir l’État malien et à déstabiliser la région, la France se pose aujourd’hui en « sauveur » … ? Quel cynisme ! La France impérialiste, ancienne puissance coloniale, n’est entrée en conflit que pour défendre ses intérêts économiques et de domination du continent africain !
 
 
Sous couvert de défense des droits des femmes : une guerre de domination !
 
Les exactions des islamistes contre les femmes maliennes ont été médiatisées pour justifier cette guerre. Nous dénonçons fermement cette nouvelle opération de récupération qui utilise la souffrance des femmes pour justifier une intervention militaire. Privées de tous les droits par les islamistes, leur situation va se dégrader avec la guerre et l’instabilité qui s’installent.
Dans toutes les guerres, et le Mali ne sera pas une exception, les femmes sont particulièrement touchées du fait des viols, des mutilations, des déplacements forcés, des séparations, des problèmes de santé ; elles sont amenées à accoucher sur les routes ou sous les tentes. Tout en prenant en charge les enfants, elles assument aussi les personnes âgées très vulnérables lors des conflits.
En situation de guerre, les femmes ne peuvent pas défendre leur propre condition. Elles se consacrent d’abord à lutter pour survivre et faire survivre leurs familles. Elles deviennent dépendantes de l’aide humanitaire… Avancent-elles ainsi vers leur émancipation ? NON !
Nous avons l’exemple tout récent de l’Afghanistan. Ce conflit a été engagé par les forces de l’OTAN justement pour « défendre les droits des femmes afghanes ».  12 ans après, le pays a été dévasté par la guerre. La situation des femmes n’y a pas changé ; bien au contraire, elle a empiré ! Et les Talibans se sont renforcés à tel point qu’ils sont sur le chemin du retour au gouvernement !
Non, décidément non ! Une armée impérialiste, expression même de la domination du plus fort sur le plus faible, ne peut pas défendre les droits des femmes !
 
Le sort des femmes maliennes ne peut pas dépendre de l’intervention d’une puissance étrangère, quelle qu’elle soit,  car celle-ci défend toujours ses propres intérêts. Le mouvement pour leur libération ne peut venir que de l’intérieur du pays. Il ne peut être imposé de l’étranger par une force militaire, et à coup de bombes. C’est aux femmes elles-mêmes de mener la lutte pour leur émancipation. D’ailleurs, au Mali, des voix de femmes s’élèvent pour le dire. Ce n’est pas leur voix qui est retransmise dans nos médias.
Mais dans ce combat,  elles pourront compter sur toute notre solidarité.
 
Nous réclamons l’arrêt immédiat de cette intervention !
Ceux qui sont dans la course pour dominer le monde ne peuvent pas défendre la cause des opprimés !
 
Comité National
25 janvier 2013

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