«axelle » 171

axelle 171, septembre 2014, http://www.axellemag.be/fr/

Nous détenons, avec nos propres mots, le pouvoir de l’égalité grammaticalement correcte

Avant-propos : « Marronnière de rentrée

En automne, les bourgeons du marronnier montrent le bout de leurs pointes. Ces petits boutons qui poussent avec ténacité et qui se transformeront bientôt en de gros cailloux toxiques et parfaits pour apprendre à compter représentent un début de cycle, une première étape. Pour nous, humaines et humains, cette première étape de bourgeonnement est l’acquisition du langage, qui se poursuit bien au-delà de la petite enfance. S’il est connu que le cerveau des marmots (et non pas celui des marmottes) est davantage plastique que celui des personnes plus âgées, si l’on met à l’âge adulte plus de temps à apprendre et si l’on a besoin d’instructions plus explicites que lorsque nous additionnions des marrons, nous sommes fort heureusement et à tout âge capables d’intégrer de nouveaux mots, ou même un nouvel idiome. Et le français féministe, parfois, ressemble vraiment à une nouvelle langue.

Avez-vous déjà entendu parler du mot "autrice" pour qualifier une femme auteur ? Connaissez-vous la règle de proximité, qui veut que l’on accorde un adjectif se rapportant à plusieurs noms avec celui situé le plus proche dans la phrase - pour que les hommes et les femmes soient égales ? Il y a ces petits "e" que l’on rajoute, des parenthèses, des crochets, des tirets que l’on trace pour faire rentrer le féminin dans un dictionnaire-monde rédigé au masculin. Il y a des femmes qui écrivent nouEs pour parler d’elles, et qui vous disent merciE… Une grammaire de l’égalité, c’est une résistance du quotidien, une place gagnée, un pouvoir, une victoire.

Aussi, pour nous aider à progresser en français féministe, nous avons invité Marina Yaguello, linguiste spécialiste du sexe des mots, à relire certains articles de ce numéro d’axelle et à les annoter comme pour une correction de copie. Un immense merciE à elle, qui nous a généreusement donné des clés d’écriture, et à toutes celles et ceux qui ont contribué à notre édition de rentrée : ensemble, réinventons la langue, et secouons le marronnier !

Sabine Panet »

Le dossier est consacré à « La grammaire de l'égalité – féminiser la langue française ». Le titre de cette note est extraite d'un texte d'Annabelle Georgen.

  • Entretien avec Marina Yaguello auteure/autrice de « Les mots ont un sexe », qui indique, entre autres, « Ce sont les locuteurs qui font que la langue est sexiste, quand par exemple ils refusent des formes du féminin que le français autorise »

  • Quand je serai grande je serai... présidente !

En complément possible de ce dossier, Eliane Viennotnon, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin. petite histoire des résistance de la langue française, Editions iXe 2014,

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/05/30/nous-sommes-les-heritieres-et-les-heritiers-dun-long-effort-pour-masculiniser-notre-langue/

Parmi les autres textes publiés, je signale particulièrement :

  • Une lettre de Salma Ahmed Elamassie : « La peur habite tous les coeurs », sur la situation à Gaza. L'auteure rappelle entre autres : « Notre conflit avec les criminels n'a pas commencé le 8 juillet 2014 mais en 1948, quand l'Etat d'Israël s'est créé sur nos territoires après avoir tué des milliers de Palestiniens et évacué les autres ». Evocation de la situation à Gaza et mémoire, « Je sens encore l'odeur de mon grand-père qui m'a élevée, tout près des oliviers et des citronniers, et m'a appris l'histoire de la Palestine ».

  • Un portrait de Pinar Selek, « Le féminisme m'a permis de trouver des articulations entre différents rapports de domination dans la société, m'a rendue encore plus antimilitariste, anticapitaliste et non-violente ». En compléments possible : la préface de Jules Falquet, au livre de Pinar Selek : Devenir homme en rampant, L’Harmattan 2013,

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/01/14/jules-falquet-2013-preface-au-livre-de-pinar-selek-devenir-homme-en-rampant-paris-lharmattan/ et « Loin de chez moi… mais jusqu’où ? », Editions iXe 2012, http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2012/03/10/analyser-les-blessures-de-la-societe-pour-etre-capable-de-les-guerir/

  • Le premier article « On nous casse les pieds », d'une nouvelle rubrique « à bras le corps » qui interroge les relations complexes des femmes à leur corps. « Dans nos corps se révèlent toutes les couleurs du patriarcat : les normes de beauté imposées, les complexes, les maladies que l'on nous attribue, les violences physiques, psychologiques ou sexuelles que nous subissons et qui impactent notre santé ». L'article de Manon Legrand parle des pieds, bandés pour les chinoises, chaussés ailleurs de « talons vertigineux »et complétés d'injections d'antidouleurs ou de collagène... « Pourtant, nul doute que les représentations patriarcales et sexistes qui lui sont attachées peuvent être, elles, écrasées des deux pieds, avec ou sans talons aiguilles ».

  • Un entretien avec Jean-François Gayraud sur le « Criminel capitalisme »

  • L’hommage/femmage à Françoise Collin. Je rappelle l'ouvrage de Françoise Collin – Irène Kaufer : parcours féministe, Editions iXe 2014,

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/06/14/interpreter-la-liberation-des-femmes-comme-une-menace-pour-lordre-social-cest-avoir-une-bien-pietre-idee-de-la-liberte/

  • Sans oublier la très riche rubrique Culture

Un journal de nos amies belges à faire connaître

axelle 171, septembre 2014, http://www.axellemag.be/fr/

Didier Epsztajn

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/

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