Ada Colau et Adria Alemany : « Si se puede ! »

Ada Colau et Adria Alemany : Si se puede !

Quand le peuple fait reculer les banques

traduit de l'espagnol par Elsy Gomez

Les Petits matins, Paris 2014, 141 pages, 8,50 euros

 

Construire un autre imaginaire collectif, un autre sens de la réalité

Dans sa préface l'éditeur rappelle que « l'achat d'une résidence principale a été massivement encouragé, et les organismes financiers n'ont pas eu de mal à faire pression sur les gouvernements pour déréguler le marché hypothécaire, au motif qu'en assouplissant le crédit on faciliterait le logement ». Il souligne le rôle de la Plateforme des personnes touchées par l’hypothèque (PAH).

Trois éléments réclamés par cette Plateforme :

  • La « dation en paiement rétroactive » en cas d'impayé : lorsqu'une banque saisit un bien, la dette créée à l'achat de ce bien doit être liquidée

  • Le moratoire des expulsions et la reconnaissance du fait qu’expulser une famille sans revenus revient à violer le droit fondamental au logement, inscrit dans la Constitution

  • L'affectation des biens saisis par les banques à un parc de logements sociaux.

Sommaire :

Préface de Patrick Doutreligne : « Un écho espagnol à l'appel de l'abbé ierre de 1954 ? »

Avant-propos de l'éditeur : « Oui, on peut... en Espagne et ailleurs !

  1. Un procédé criminel

  2. ImPAHrables

  3. S'organiser pour gagner

Annexes

Les auteur-e-s analysent, entre autres, la poursuite de la dette après la saisie du bien immobilier par la banque, le rôle des experts « pour détourner le débat de l'arène politique et échapper ainsi au contrôle des citoyens », la formation de la bulle immobilière, la spéculation, la politique des taux d'intérêts et de la fiscalité, le rôle de l’État et des principaux partis politiques.

Elle et il insiste sur le rôle de la propriété immobilière dans l'idéologie néo-libérale : « Le paradigme de « ta valeur est celle de ce que tu possèdes », leitmotiv d'une société qui parie sur l'individualisme et le succès personnel à tout prix, est devenu le principal repère pour beaucoup d'entre nous : posséder un logement était la porte d'accès au club privé des citoyens de première classe, la location étant le choix résiduel réservé aux exclus de ce club ».

Ada Colau et Adria Alemany détaillent les mobilisations, la proposition de loi d'initiative populaire (IPL), le rôle de la Plateforme des personnes touchées par l’hypothèque (PAH), l'auto-coordination citoyenne, la construction d'une autre légitimité, « Mais, pour que les gens se prennent en main, il ne suffit pas de créer des espaces communautaires. Il faut réinterpréter la réalité et reconstruire un scénario de la crise différent de l'officiel, un scénario que nos puissions identifier ». Les auteur-e-s parlent de désobéissance civile. Elle et il revendiquent : « la restitution du logement doit impliquer l’extinction de la dette envers la banque » et insistent sur les réponses « dimension collective et structurale au problème » pour briser « le mur d'isolement et de culpabilité ».

Un petit livre utile sur les résistances à la spoliation par les banques, sur le droit au logement et sur l'auto-organisation des citoyen-ne-s.

Sur le logement en France, lire par exemple : Jean-Baptiste Eyraud, Claire Le Strat, Willy Pelletier (Coord.) : Fondation Copernic : En finir d'urgence avec le logement cher, Syllepse 2013,

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2013/10/16/quand-attendre-devient-obscene/

Ada Colau et Adria Alemany : Si se puede !

Quand le peuple fait reculer les banques

traduit de l'espagnol par Elsy Gomez

Les Petits matins, Paris 2014, 141 pages, 8,50 euros

Didier Epsztajn

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/

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