Les mauvais jours finiront ! (18 mars 2013)

Les mauvais jours finiront ! (Écouter ici...)

 

Monsieur Hollande, dix mois après votre élection, le doute n'est plus permis.

Vous allez à l’échec ! Et, avec vous, vos élus du PS et à vos soutiens d'EE-LV. Les profiteurs, dont vous servez si bien les intérêts, avaient craint un instant que vous soyez fidèle à vos électeurs. Les voilà rassurés. Ils profitent de chacune de vos concessions. Ils en redemandent même et vous leur accordez toujours plus !

 

Avez-vous donc oublié que vous aviez pris l’engagement de ne plus subir « les puissances de l’argent » ?

Vous allez à l’échec ! Croyez-vous vraiment que vos cadeaux au patronat entraineront le redémarrage de l'économie et le recul du chômage ? Erreur ! Pour un qui joue le jeu, les 99 autres en profitent pour aller spéculer ailleurs. Et tous les jours, les médias relaient complaisamment les menaces de départ « à cause des excès d’impôts ou de règlementation », proférées par tel ou tel dont l'entreprise a pourtant largement bénéficié des fonds de l’État.

Vous allez à l’échec ! Vous n’avez même pas osé prendre des mesures immédiates et efficaces contre les paradis fiscaux. C'est pourtant là que prospèrent les fonds de ceux qui dénoncent « le déficit » tout en tirant profit de ce que la France leur rembourse (soit 48,8 milliards sur le budget annuel pour le « service de la dette »). Vous n’avez même pas pris de mesures pour que la liste de ces « créanciers » soit connue ! Pourtant, rien ne vous en empêche : votre majorité d’élus à l’Assemblée et au Sénat suffit pour adopter cette loi. Elle n’a pas besoin d’une réforme de la Constitution.

Vous allez à l’échec ! Vous couvrez tant de mensonges et de mauvais coups dont seul le MEDEF se réjouit.

Vous prétendez faire reculer des « rigidités » qui déplaisent à quelques spéculateurs. Vous voulez, pour cela, faire inscrire l’accord ANI dans la loi en la faisant voter sans débat pour aller plus vite. Auriez-vous peur que tout le monde comprenne, en le lisant et le discutant, qu’il augmentera l’insécurité des salariés et les inégalités ? (Lire ici...)

Vous ouvrez des négociations sur les retraites. Votre gouvernement s'est félicité de l'accord sur les régimes complémentaires. Jean-Marc Ayrault a salué « l'esprit de responsabilité » des « partenaires sociaux » tandis que le ministre du Travail Michel Sapin déclarait qu'ils avaient « sauvé » les retraites complémentaires. Cela ne vous rappelle rien ? À nous si : les discours de la Droite en 2003, 2007, 2010... Les efforts imposés aux actifs comme aux retraités pour « sauver » les retraites complémentaires constituent inévitablement un signal pour la réforme du régime général et annoncent les nouveaux sacrifices qui seront encore une fois demandés aux salariés.

Votre ami socialiste, président de la Cour des comptes, trouve que les indemnités chômage sont insuffisamment dégressives. Les chômeurs feront donc les frais de la « simplification » qu'il conseille.

Votre ministre de l’Éducation – M. Peillon - est si pressé de donner son nom à une réforme qu'il en oublie ce que négociation veut dire ! Où est la concertation avec les personnels et les collectivités concernés ? Où est l'égalité entre nos enfants selon les communes où ils vivent ? Où est l'égalité pour les universités ?

Vous laissez votre ministre Valls exercer, sur les immigrés et les Roms en particulier, des talents qui lui valent un ferme soutien à droite et le rejet de toutes les associations progressistes. Elles vous avaient pourtant soutenu pour en finir avec la politique de Sarkozy, Guéant « and Cie ».

Vous refusez enfin de donner le droit de vote aux étrangers d’origine ! (Lire ici...)

Une alternative se construit

Ne vous réjouissez pas trop, monsieur Hollande, d'une mobilisation encore limitée. Nous ferons tout pour qu'elle se développe, pour que d'autres se renforcent et se multiplient. Des mesures d’urgence sont nécessaires et possibles. Nous les défendons avec la campagne du Front de Gauche : « Une alternative à l’austérité ».

Vous avez dû accepter la loi pour l’amnistie, même en lui rognant les ailes. Et ce débat reprendra à l’Assemblée. Vous avez vu le haut-le-cœur provoqué par les déclarations de M. Valls. Lisez donc les déclarations de RESF, du MRAP, de la LDH, des associations qui défendent les sans-droits, les sans-toits, les sans-papiers !

Des exigences montent : pour le droit à l’information, pour le droit à la préemption des entreprises. Toutes celles et tous ceux qui refusent la fermeture de leurs entreprises, réclament d’en avoir la propriété et veulent assurer des productions utiles. En Allemagne même (Lire ici...), s'expriment des propositions pour une autre politique européenne (Lire ici...).

Même si une majorité de vos élus et de ceux d’EE-LV vous restent fidèles, ils ont de plus en plus de mal à se justifier devant la masse de celles et ceux qui voulaient et veulent toujours un changement. Des élus, des responsables du PS appellent désormais à s'opposer à la volonté du MEDEF et refusent de voter en l'état le projet de loi issu de l’accord minoritaire du 11 janvier 2013, pourtant proposé par votre gouvernement.

Dans quelques semaines ou quelques mois, tôt ou tard, vous serez confrontés à un immense NON ! Le NON du peuple de gauche quand il se lève. Des manifestations et des mobilisations contre l’ANI à la Marche des femmes contre les inégalités au mois de mai, s’affirmera inéluctablement l'envie, la joie, la fierté d'agir ensemble : On a su en finir avec Sarkozy. Ce n’est pas pour accepter les atteintes à la démocratie, ni la loi du MEDEF !

 

18 mars 2013 (142e anniversaire de la Commune de Paris)

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