Contributions individuelles pour les 13 & 14 juin

Contribution de Philippe Vrain : Crise économique, mutations énergétiques et changement climatique

Crise économique, mutations énergétiques

et changement climatique

Le monde se trouve actuellement à la confluence de trois mutations : la crise économique et social du capitalisme néo-libéral ; les menaces de pénuries notamment alimentaires et énergétiques ; le changement climatique.

Si ces trois mutations se déploient chacune selon des rythmes propres, leurs manifestations tendent à converger en ce début du 21ème siècle pour donner naissance  à une configuration globale  où interagissent leurs contenus.


1°) La crise du néo-libéralisme

Elle se manifeste selon des dimensions inédites, étant donné le poids acquis par la finance dans le capitalisme contemporain. Personne n’est en mesure d’en pronostiquer les étapes de son déroulement.

S’agit-il d’une crise économique, évoluant selon un cycle de 7 à 10 ans, proche de ceux qui se sont succédés pendant les 19ème et le début du 20ème siècle ? Se trouve-t-on plongés dans la phase récessive d’une fluctuation longue, dite de Kondratieff, succédant à la période de croissance des trente glorieuses. ? Ce moment correspond-il, comme le pense l’économiste Immanuel Wallerstein, à l’une des manifestations finales du capitalisme, après un essor de cinq siècles ?

Quoiqu’il en soit, la récession économique actuelle, se révèle d’une ampleur et d’un contenu inédits, depuis le fin de la seconde guerre mondiale.

Deux de ses composantes, le volume de l’endettement considérable des ménages et de l’Etat américain, ainsi que la diffusion massive d‘actifs « toxiques » dans les circuits financiers mondialisés, constituent des bombes à retardement, dont le contenu potentiellement destructeur a été souligné par des économistes hétérodoxes. Certains d’entre eux ont récemment mis en garde contre les dérives inflationnistes, qui risquent de survenir dans le contexte d’un système financier international, arque bouté sur le dollar maintenu comme principale monnaie de réserve.

Autrement dit, la récession économique, qui s’est greffée sur la crise de l’endettement enclenchée courant 2007, apparaît plombée par trop d’inconnues, pour que l’on soit en état d’en anticiper une issue prochaine de forme « classique ». Des mesures internationales d’ordre politique seraient en mesure d’en transformer le cours, en orientant l’humanité vers des voies radicalement différentes, celles d’une économie de partage. Nous en sommes loin.


2°) Menaces de pénuries et mutations énergétiques

Parallèlement, émergent, en cette première décennie du 21ème siècle des problèmes que l’humanité n’avait encore jamais eu à résoudre à une telle dimension : la raréfaction des matières premières, de l’alimentation en eau, …L’ONU et les institutions internationales soulignent que l’alimentation en eau potable devient, de plus en plus, un enjeu crucial pour la survie de nombreuses populations. De nombreux pays africains sont affectés de déficits en produits alimentaires de base, du fait de la conjonction de la croissance démographique, d‘une expansion urbaine incontrôlée et de la stagnation des agricultures vivrières, par suite de la concurrence des grandes agricultures capitalistes exportatrices et de l’extension des surfaces destinées aux agrocarburants. Cette dégradation risque, à terme, de concerner plusieurs régions d’Asie et d’Amérique latine. Conséquence du système de croissance piloté par le profit, ces pénuries menacent d’être considérablement aggravées par les évolutions climatiques en cours (cf. infra).

Par ailleurs, se profile la raréfaction des réserves pétrolières avec, d’ici quelques années, l’avènement d’un « pic pétrolier » mondial, annonciateur d’une déplétion inexorable de la production. Il en résultera une tendance à la hausse du prix des hydrocarbures de plus en plus accentuée et chaotique.

De tels évènements entraîneront de profondes perturbations pour de nombreuses activités économiques, car le pétrole constitue une ressource essentielle à la fois comme carburant et comme matière première pour l’industrie, l’agriculture et les transports. Il s’ensuivra une succession de tensions affectant l’approvisionnement en produits carbonés- les réserves de gaz étant à peu près équivalentes à celles du pétrole-, dont les conséquences économiques, sociales et géostratégiques seront considérables.

Dans ces conditions, une alternative s’ouvre dès maintenant pour tenter de remédier à ces menaces de pénurie.

La première orientation consisterait à persévérer dans la continuité, en exploitant massivement le charbon, le plus abondant et le mieux distribué des combustibles carbonés, dont les réserves prouvées équivalent à deux siècles de consommation au rythme actuel (toutefois, si l’on prend en compte la perspective d’une croissance économique exponentielle de 2% par an, toutes les réserves connues seraient épuisées d’ici 2050).

Un tel recours permettrait de repousser vers la fin du 21ème siècle l’épuisement des ressources fossiles disponibles (hors uranium). Toutefois, cette voie serait potentiellement suicidaire pour l’humanité car elle obérerait sur le long terme toute politique environnementale destinée à réduire les émissions de GES.

La seconde branche de l’alternative, radicalement différente, repose sur l’adoption de modèles de production et de consommation fondés sur des économies d’énergie massives, l’innovation, le développement des énergies renouvelables.

Nous sommes là devant un défi majeur, mais dont l’humanité est à même d’en assurer la maîtrise.

Cette seconde orientation est la seule compatible, sur le fond, avec une stratégie de lutte contre le changement climatique.


3°) Le processus de changement climatique

Il s’agit d’une réalité déjà très prégnante, pas seulement d’une perspective future. Ce phénomène est global, car il impacte, de manières multiples, l’ensemble de la biosphère.

Durant les trente dernières années, la domination du capitalisme néo-libéral sur l’ensemble des activités de la planète a généré des modes de développement de plus en plus inégalitaires et dévastateurs du point de vue social et écologique.

Sur le plan énergétique, la croissance économique mondiale a reposé, depuis deux siècles, à 85%, sur le recours à des combustibles carbonés. Ceci s’est traduit par une intensification sans précédent des gaz à effet de serre.

Selon le 4ème rapport officiel du GIEC de 2007 les émissions mondiales de CO2 avaient augmenté, durant la décennie 1990, à un taux annuel moyen de 1%. Or, les évaluations récentes ont mesuré une inflation considérable du volume de ces émissions, dont le taux d’accroissement annuel a atteint 3,5% entre 20000 et 2007.

Le niveau actuel de concentration de CO2 dans l’atmosphère de 385 parties par millions en volume (ppmv), qui s’est accru de 30% depuis le début l’ère industrielle, va continuer d’augmenter. En effet, les sols, la végétation et les océans n’absorbent environ que la moitié des émissions de CO2 d’origine anthropique, l’autre moitié s’accumulant dans l’atmosphère, où elle chauffe la planète (c’est le « forçage radiatif »).

Les experts du GIEC estiment que ce taux ne devrait pas dépasser 450 ppmv, pour limiter à +2° l’élévation de la température moyenne de la surface de la planète en 2100 par rapport à aujourd’hui.

Ce taux de concentration de 450 ppmv apparaît désormais inéluctable, avec un risque de plus en plus élevé de son dépassement. Compte tenu du volume des émissions de GES mesurées depuis l’an 2000, un nombre grandissant de scientifiques craignent un scénario de +3° de réchauffement, correspondant à des taux de concentration dans l’atmosphère supérieurs à 450 ppmv. Une telle situation s’avèrerait d’un extrême danger.

Katherin Richardson, co-organisatrice, en mars 2009 d’une réunion de 2000 spécialistes du climat à Copenhague a déclaré, à son issue : « il en ressort que nous sommes sur la pire trajectoire que le GIEC a identifié. Le panorama est parfois encore plus lugubre ».

[]

La paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, a explicité ces prises de position, lors d’un entretien accordé à la « La Revue Durable » du 1er trimestre 2009. Avec le climatologue de la NASA, James E. Hansen, et huit autres co-auteurs, elle vient de tirer vigoureusement la sonnette d’alarme, à travers la publication d’un article, qui réévalue sensiblement à la hausse la « sensibilité climatique ». Convergeant avec les résultats d’autres recherches, ce travail insiste sur la nécessité de tenir compte des « rétroactions lentes » dans les modèles de climat. Il conduit à revoir, de manière significative, l’élévation, à terme, de la température dans les différents scénarios de réchauffement, issus des modèles de climat standard du GIEC.

Autrement dit, bon nombre de prévisions antérieures vont devoir être modifiées quant aux conséquences de l’accélération du réchauffement, notamment pour ce qui concerne l’état des océans.

Valérie Masson-Delmotte s’exprime sans ambages : « sur le fond…. Je suis très pessimiste….je ne vois rien dans l’évolution du climat qui me rende optimiste. »

Les climatologues estiment, en effet, que la vitesse avec laquelle se modifient les équilibres de la biosphère crée une situation, qui risque de franchir un « point de bascule » ( tipping points), au delà duquel une spirale désastreuse de changement climatique échappera au contrôle de l’humanité.

Mais qu’entend-on par processus irréversible ?

Au-delà de sa définition physique, cette notion demande à être interprétée par rapport à une espérance de vie humaine. Les temps des phénomènes climatiques diffèrent, en effet, d’un, ou plusieurs ordres de grandeur, de notre durée de vie personnelle.

La durée de vie du CO2 atmosphérique dépend de son « temps de renouvellement », qui est de quelques années et d’un second paramètre, exprimant sa rémanence dans l’atmosphère. Celle-ci se caractérise par le « temps d’ajustement » de sa concentration, après l’arrêt des émissions anthropiques.

Alors, qu’en 2001, les experts du GIEC estimaient le temps d’ajustement du CO2 atmosphérique à une centaine d’années, ils écrivaient, en 2007, dans leur 4ème rapport : « alors que plus de la moitié du CO2 émis est actuellement retiré de l’atmosphère en un siècle, une autre fraction reste dans l’atmosphère pendant des millénaires ».

De nouvelles études tendent à confirmer cette très longue rémanence du CO2 atmosphérique, après l’arrêt des émissions. Valérie Masson-Delmotte met l’accent sur l’action de ces « rétroactions lentes », en soulignant que 30% du dioxyde de carbone, qui part aujourd’hui dans l’atmosphère s’y trouveront encore dans plusieurs millénaires.

Cela signifie, d’une part, que le changement climatique en cours est dû aux émissions de GES qui ont déjà eu lieu, d’autre part, que la quantité de gaz qui sera émise dans les quinze à vingt prochaines années définira la trajectoire de la  terre au 21ème siècle et sur les siècles suivants.

Quant à l’impact du réchauffement sur le fonctionnement des océans, il sera de plusieurs millénaires, l’échelle de temps nécessaire pour que le système revienne à son équilibre.

Face à de telles perspectives, l’humanité se trouve placée devant deux impératifs.

Décider de mettre en œuvre des mesures de très grande ampleur, c’est à dire la nécessité de diviser au minimum par trois les émissions mondiales de GES d’origine anthropique à l’horizon 2050. ( émissions qui se chiffrent actuellement aux alentours de 8 milliards de tonnes d’équivalent carbone par an.).

Agir dès maintenant sans retard, ce qui signifie : s’imposer, d’ici 2050, des objectifs intermédiaires rigoureux de réduction pour 2020 et 2030.

Le temps nous est compté. Il s’agit d’une course de vitesse, que les humains ne sont pas assurés de gagner.

Car il faut bien se persuader qu’on ne négocie pas avec la Nature.

La biosphère dispose, grosso modo, d’une capacité d’absorption de CO2 de 3 milliards de tonnes d’équivalent carbone par an. Ceci correspondait à la moitié des émissions d’origine anthropique de l’année 1990, mais beaucoup moins aujourd’hui, car les émissions se sont accrues de près de 30% depuis cette date.

Le président du GIEC, Rajendra Pachauri, déclarait ainsi en juillet 2008 « il nous reste sept ans pour inverser la courbe des émissions de CO2 ».

A cet égard, la conférence de Copenhague, qui se tiendra en décembre 2009, sera décisive, car elle aura pour tâche d’orienter l’action des gouvernements du monde entier pour l’après Kyoto, c’est à dire pour 2012.


4°) De nouvelles démarches fondées sur une « décroissance énergétique ».

Dans ces conditions, il convient de prendre en compte l’imbrication étroite des mutations socio-économiques et énergétiques avec le processus de changement climatique.

Cela signifie, notamment, que l’actuelle récession ne pourra déboucher sur des solutions durables que si les politiques économiques et sociales sont axées, à long terme, sur des problématiques environnementales.

Il existe une alternative crédible à l’augmentation infinie de nos consommations d’énergie, laquelle est de toute façon impossible à terme.

Fondée sur une approche différente, elle est dénommée « démarche négaWatt ».

Elle propose d’aborder autrement la question énergétique, en nous interrogeant d’abord sur nos propres besoins, réels ou supposés, puis en cherchant à y répondre le plus efficacement possible, en recourant aux sources d’énergie les moins problématiques .

Elle est fondée sur le triptyque : Sobriété/efficacité/énergies renouvelables.

Pour travailler en ce sens, une centaine d’experts et de praticiens, impliqués à titre professionnel dans la maîtrise de la demande d’énergie et le développement des énergies renouvelables, ont été à l’initiative d’un « Manifeste pour un avenir sobre, efficace et renouvelable »

Ce manifeste s’est appuyé sur un exercice intitulé « scénario négaWatt 2000-2050 », qui a été appliqué à l’économie française en 2006.

La méthodologie repose sur la confrontation de deux scénarios, un « tendanciel » et un « négaWatt ». Le scénario tendanciel correspond à une poursuite au même rythme que les années passées des consommations nationales, à partir d’une analyse rétrospective sur la période 1973-2000. Il s’agit, en quelque sorte, d’un scénario « continuons comme avant ».

Le scénario « négaWatt » s’appuie sur trois priorités :

  • des actions volontaristes et continues de sobriété énergétiques
  • la recherche systématique d’une meilleure efficacité dans les usages et les équipements
  • un recours prioritaire aux énergies renouvelables pour la fourniture résiduelle d’énergie

Par ailleurs, le scénario prévoit une fermeture progressive des centrales nucléaires existantes.

Le scénario « négaWatt » promeut une inflexion très volontariste, dans le sens d’une politique de sobriété et d’efficacité énergétique : sans celle-ci, d’après le scénario « tendanciel », la production française d’énergie primaire, en 2050, serait trois plus élevée.

Les gisements d’économie d’énergie de « négaWatt » sont donc considérables, puisqu’ils représentent, potentiellement, 70% de la consommation tendancielle.

Les auteurs de l’expérience mettent l’accent, avec insistance, sur le fait que le « bouquet énergétique » de ce scénario, à 80% d’énergies renouvelables, ne peut se développer, à l’horizon 2050, qu’à condition d’appliquer dès maintenant une vigoureuse politique de réduction de la demande : sans celle-ci, les effets positifs d’une forte production par les renouvelables seraient intégralement effacés par l’accroissement de la demande.

La mise en œuvre de « négaWatt » permettrait ainsi de réduire, en 2050, la consommation d’énergie primaire à 52% de sa valeur actuelle.

Le second point fort de ce scénario tient à sa cohérence avec les objectifs officiels de diminution par 4 des émissions de GES en 2050. Il limite, en effet, les émissions de GES, dues à la production et à la consommation d’énergie, à 1,7 tonne d’équivalent CO2 par personne en 2050, contre 6,7 tonnes actuellement.

Il paraît donc bien en phase avec les grands objectifs environnementaux européens et mondiaux.

Outre les gains énergétiques directs pour les entreprises consommatrices, le scénario ouvre des perspectives de développement pour de nombreux secteurs, tels que le bâtiment, la fabrication de composants et de matériaux, les études technico-économiques, les services énergétiques etc. Ces activités nouvelles pourront s’appuyer sur un solide marché domestique qui sera beaucoup plus favorable aux PME-PMI.

Enfin, « négaWatt » permet de nombreuses créations d’emplois, financées par les économies réalisées grâce à la diminution des consommations énergétiques. Pour ce qui concerne les énergies renouvelables, en se référant aux expériences étrangères, les évaluations conduisent à un essor considérable de l’éolien, du photo-voltaïque et de la biomasse avec plusieurs centaines de milliers de créations d’emplois à la clef.

De tels résultats ne sont pas extraordinaires.

D’autres prospectives énergétiques ont été étudiées au niveau planétaire, dans le cadre d’une démarche qui s’apparente à celle de « négaWatt ». Mentionnons simplement, sans la décrire, la vision du WWWF, qui, dans un rapport de 2007, a montré qu’il est possible de diminuer, dans le monde, de 60 à 80% les émissions de CO2 d’ici 2050, tout en développant l’accès à l’énergie. Dans ce scénario, l’efficacité et la sobriété énergétique jouent également un rôle crucial pour répondre à la demande, à côté des énergies renouvelables


5°) Une réduction drastique des inégalités est indissociable de la lutte contre le changement climatique

Au terme de trente ans de néo-libéralisme, les inégalités entre peuples demeurent considérables dans les domaines économiques, énergétiques et des émissions de GES qui y sont associées.

En outre, les écarts entre pays se doublent de profondes inégalités à l’intérieur de chacun d’entre eux.

A cet égard, la quantité de CO2 mesurée en équivalent carbone, émise par chaque habitant de la planète, constitue un assez bon indicateur synthétique de ces inégalités.

A partir d’un objectif mondial d’arriver à un volume d’émissions de 3 milliards de tonnes d’équivalent carbone par an tout au plus, qui correspond à la capacité d’absorption de la biosphère, on peut alors répartir équitablement le « droit à émettre », c’est à dire le quota affecté à chaque terrien. Ce quota constituerait ainsi une norme universelle de référence.

De ce point de vue, pour une population mondiale, en 2004, de 6,5 milliards d’habitants, ce droit équivalait à 460 kilos de carbone par an, ou encore 1,7 tonne de CO2.

D’après les évaluations du météorologue Jean-Marc Jancovici, ce « quota équitable » d’émissions représentait en 2004 :

moins de 10% des émissions d’un américain du nord, qui devrait donc diminuer ses émissions par 10 (voire par 12) pour participer équitablement à l’effort mondial nécessaire

Entre 15 et 20% des émissions d’un allemand ou d’un danois qui devraient donc diminuer leurs émissions par 6

25 à 30% des émissions d’un français ou d’un suédois, pour lesquels serait nécessaire une division par 4 [ d’où l’expression de Facteur 4 pour symboliser la division par 4 des émissions de GES en France en 2050]

Environ 60% des émissions d’un chinois ( avec sa très forte croissance économique, la Chine a déjà dépassé la valeur du droit à émettre universel)

Par contre, ce quota représente 1,5 fois les émissions d’un indien et 4 fois celle d’un nigérian

Cette convergence vers la norme d’équité de 460 kilos équivalent carbone par personne et par an possède des avocats au sein du monde en développement, tel que feu Anil Agarwal, ancien directeur du « Center for science and the environment ».

Dans chaque pays, les écarts de revenus conduisent à des inégalités homologues en termes de consommations énergétiques et d’émissions de GES.

Les stratégies de réduction d’émission de GES ne peuvent donc pas se limiter à des négociations internationales, avec des accords de limitation se référant à des quotas exprimés en valeur moyenne. Elles devraient également se décliner à l’intérieur de chaque pays, par la mise en œuvre de politiques de lutte contre les inégalités domestiques. Si ce n’était pas le cas, c’est à dire si le capitalisme néo-libéral continuait d’exercer une hégémonie universelle sur la vie économique et sociale, alors le champ resterait ouvert aux dérives d’une croissance productiviste et destructrice de la nature.(cf. les deux ouvrages récents d’Hervé Kempf : « Comment les riches détruisent la planète » et « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme », parus au Seuil, en 2009)


6°) Capitalisme vert, décroissance et économie de partage

Ces remarques nous amènent à réfléchir sur ce à quoi pourrait aboutir une sortie de crise.

On a vu que le monde se trouve devant un complexe de trois grandes crises ou mutations :

-celle du néo-libéralisme, de l’énergie et du changement climatique- et que traiter l’une d’entre elles en occultant les deux autres conduirait, à terme, au devant de catastrophes.

Dans ces conditions, comment s’extraire de cette imbrication, sans retomber dans les serres du profit, de la domination des firmes internationales et de la toute puissance du marché ?

Cette interrogation n’a rien d’anecdotique, car le néolibéralisme s’applique à chercher des issues à la crise historique qu’il traverse. De nouvelles stratégies néocapitalistes projettent ainsi de se déployer dans le cadre de la mondialisation.

Comme le souligne le politologue Paul Ariès, dans un article récent (L’humanité du 23/04/09) intitulé « La barbarie programmée du capitalisme vert », les milieux économiques et techno-scientistes « ne veulent pas être victimes de l’effondrement écologique, mais entendent bien faire encore plus de profit et asseoir d’avantage leur domination ». Ainsi émerge un capitalisme, qui s’écarte des notions, pourtant ambivalentes, de « développement durable » pour prôner désormais une « croissance verte » ou « propre ». Ces supports figurent parmi les très grands groupes, tels que GDF-Suez ou Véolia.

Pour Paul Ariès ce « capitalisme vert » repose sur trois piliers :

Le premier consiste à passer, comme le proclame l’ex socialiste Claude Allègre, d’une « écologie dénonciatrice » et culpabilisatrice à une « écologie réparatrice ». Il s’agit de mettre en avant le principe « pollueur-payeur », la monnaie carbone et, in fine, de donner au marché un rôle prédominant.

Le second pilier du capitalisme vert est son parti pris antidémocratique.

L’entreprise est promue principal acteur du changement et ses dirigeants deviennent des champions de l’écologie.

L’un des objectifs est de dépolitiser les enjeux, de concentrer les débats dans des cénacles de gens « informés et compétents » pour en écarter les plus humbles.

Le troisième pilier réside dans la volonté d’adapter l’humanité aux besoins du productivisme, quitte à s’égarer dans des fantasmes de toute puissance, ceux d’un monde sans limite et de l’homme « maître et possesseur de la nature » ( techniques de manipulation artificielles du climat, enfouissement du CO2 consécutif à une utilisation massive du charbon,…)

Face à cette « barbarie programmée du capitalisme vert », la réponse doit être démocratique. Il faut résister au bradage de l’écologie politique, construire ensemble des alternatives, en France et au niveau européen, développer une économie de partage.


7°) Défendre des orientations économiques écologico-compatibles

On a évoqué précédemment des perspectives de « décroissance énergétique », avec le scénario « négaWatt ».

Une telle démarche est amenée à se décliner de manière transversale dans de très nombreux secteurs économiques.

Pour autant, la notion de « décroissance » demande à être approfondie. Elle ne peut pas constituer un terme fétiche applicable à toutes les situations.

Comment concilier le plein emploi et des objectifs écologiques ? Comment favoriser une relance économique, qui ne soit pas la reprise du « business as usual » ?

Nous illustrons brièvement ces orientations par trois exemples ;

La situation de la crise de la filière automobile nous interpelle.

La solution qui a consisté à favoriser la demande de véhicules privés, par l’attribution d’un bonus écologique, ne peut être au mieux qu’un palliatif, pas une solution de fond. Elle ne traite nullement le problème de la domination écrasante de ce mode de transport, qui émet, en France, 28% des GES.

Une relance « durable » supposerait une restructuration de cette filière reposant sur une diminution de la demande en véhicules personnels, le développement des transports en commun, urbains et nationaux, des programmes de transfert massif du fret vers le rail, donc de la diminution du trafic routier de marchandises. Dans cette perspective, il serait nécessaire d’instaurer une éco-redevance sur le transport routier de marchandises. Il conviendrait, parallèlement, de veiller au raccourcissement des trajets, en lien avec des relocalisations de production, notamment agricoles (réduire le plus possible la commercialisation internationale de denrées agricoles, qu’il s’agisse de transport par le train, par la route ou l’avion)

La mise en œuvre de ces nouvelles stratégies géoéconomiques impliquerait que les salariés, soumis à ces restructurations, se voient garantir leurs revenus durant plusieurs années, ainsi que l’acquisition de formations qualifiantes pour leur reconversion.

Évoquons un second exemple, lié à l’application du « Grenelle d l’environnement » et qui concerne la question de l’efficacité énergétique : la réhabilitation du bâti.

Le parc du bâti résidentiel et tertiaire français comprend plusieurs dizaines de millions d’immeubles. Il consomme annuellement, notamment pour le chauffage, 45% de l’énergie produite en France et contribue, pour 25%, aux émissions nationales de GES.

Chaque année, les constructions neuves représentent 1% de cet ensemble. Il faut donc, en principe, un siècle pour assurer un renouvellement complet du parc immobilier. Les réglementations thermiques existantes (RT 2005) et les futures normes de « basse consommation », imposées par le législateur pour les constructions neuves (Grenelle 2), ne seront donc efficacement diffusées qu’au bout de plusieurs décennies.

Dans ces conditions, la réhabilitation et la rénovation du bâti existant, représentent une opportunité très importante pour accroître l’efficacité énergétique des habitations, sachant que les bâtiments les plus anciens consomment allègrement – et émettent donc du CO2 en proportion - plus de 300 kWh par m2, chaque année, pour le chauffage et l’eau chaude, alors que la norme de 50 kWh par m2 va s’imposer dans le neuf à partir de 2012.

Le secteur de la construction, qui subit aujourd’hui les effets de la récession économique, voit donc s’ouvrir de nouveaux débouchés, qui s’accordent bien avec la double exigence d’économies d’énergie et de réduction des émissions de CO2.

Ceci signifie la création potentielle, pour les vingt prochaines années, de centaines de milliers d’emplois non délocalisables (cf. supra « négaWatt) ;

Une dernière illustration concerne les habitudes de consommation.

La consommation de viande représente une composante notable, et coûteuse, de notre panier alimentaire. La viande de bœuf ou d’agneau mobilise, pour sa production, une grande quantité de denrées agricoles qui pourraient être directement ingérées par les humains, avec un rendement calorique final bien supérieur. Les bilans énergétiques et environnementaux des élevages de bovins et de caprins sont médiocres, voire mauvais (les vaches émettent une grande quantité de méthane).

Pour promouvoir une démarche économique soutenable, il ne s’agit donc pas seulement de transformer les modes de production, mais d’agir aussi sur nos habitudes de consommation, nos « habitus », c’est à dire les comportements culturels incorporés qui façonnent une partie de notre identité personnelle.



                                                                                             Philippe VRAIN

Européennes et Régionales Le verrou socialiste a sauté ! contribution individuelle et collective du RESEDA

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Européennes et Régionales Le verrou socialiste a sauté !

On n'en parle pas encore trop dans le grand public mais, au niveau des partis, tout le monde y pense !

En 2010, LES REGIONALES !

Voyons un peu quelle est la situation dans cette perspective.

Actuellement, le PS détient toutes les régions sauf une ; il y est HEGEMONIQUE.

Au vu des résultats des européennes, il ne le sera plus nulle part l'an prochain. Pire pour lui, ce n'est plus lui qui détient les clés.

Il détenait un verrou total ; il vient de sauter !

Au lendemain des Européennes, ce sont les écologistes qui détiennent les clés de ce qu'il faut bien appeler « le jeu politique ».

Bien évidemment, en vertu du cadre légal des Européennes, chacun ira pour lui-même au premier tour ; l'UMP apparaitra encore comme gagnante de ce premier tour puisqu'elle sera partout en tête ; en tête mais sans beaucoup de réserves !

Au deuxième tour, la liste arrivée en tête bénéficiera de la « prime majoritaire » de 25% des sièges.

Ceci veut dire que deux listes fusionnées réalisant + 30% au second tour auront l'assurance de disposer d'une majorité au futur Conseil Régional. Les résultats des européennes laissent prévoir que des listes fusionnées « roses-vertes » ou « vertes-roses » - parce que les verts seront en tête dans plusieurs régions - seront majoritaires même si quelques régions peuvent passer à droite.

Ensuite viendra le troisième tour que constitue l'élection des exécutifs régionaux (la Présidence et les vice-présidences).

Quelle sera la situation pour nous : La FEDERATION et le RESEDA qui l'a rejointe.

- Le FRONT DE GAUCHE où certains crient déjà victoire n'a pas de raison, par lui-même, de se montrer plus unitaire qu'il ne le fut aux Européennes en refusant notre offre d'unité au motif, notamment, que nos camarades communistes unitaires sont aussi parmi nous.

- Le NPA vient de se rendre compte que NPA pouvait signifier Nulle Part Ailleurs ..... Selon les règles connues de la sociologie des organisations, il est à craindre que, perdant de sa substance dans la défaite et du fait de son sectarisme, il se recentre sur son noyau le plus dur ; le noyau ancien représenté par Alain Krivine qui, exclu de l'Union des Etudiants Communistes dans les années 60, rêve depuis d'une seule chose : tailler des croupières au PCF !

Donc, notre volonté et notre recherche d'unité avec des appareils existants ne va pas de soi ! Cette recherche risque aussi de se heurter au « communisme municipal et régional », celui qui fait que le PCF existe encore. Ce communisme repose sur l'alliance avec le PS qui permet d'avoir des élus : hors du PS, point de salut ; ce sera plus compliqué du fait de la forte présence des verts mais il y a peu de doutes que cela ne se fasse finalement ! Le PCF dût-il poursuivre sa décrépitude !

QUEL RÔLE POUR LA FEDERATION

Ne nous payons pas de mots, nous ne pesons pas bien lourd mais cela dépend des circonstances et, notamment, de l'approfondissement de la crise !

Quoiqu'en disent les adeptes de la méthode Coué, la crise va s'aggraver. Tout l'indique : les analyses du Bureau International du Travail, des Instances Internationales et les nôtres vont dans le même sens. LA CRISE EST DEVANT NOUS et pas derrière !

Si nous prenons le cas de la France, nous en sommes à près de 9 % de chômage.

QUE SE PASSERA-T-IL SI NOUS PASSONS A 12 VOIRE 14% ?

- 1) La Crise systémique ne débouche pas sur une crise sociale de grande ampleur :

Nous pourrons alors en appeler à l'unité, toujours sans grand espoir d'être écoutés ; si nous parvenons à présenter des listes relativement unitaires aux régionales et si nous y obtenions des élus, notre seule position tenable sera de contribuer battre à la droite lors du vote des exécutifs et, ensuite, de pratiquer le soutien sans participation ; c'est à dire voter à chaque fois pour ou contre selon nos propres analyses.

- 2) La crise débouche sur un mouvement social de grande ampleur :

Nous devrons alors être prêts ! Car personne ne sait ce que l'avenir nous réservera.

Malheureusement, nous avons peu de temps. Dès la rentrée de septembre, les prévisions pour 2010 deviendront de jour en jour plus crédibles et les chiffres tomberont les uns après les autres.

Si un mouvement social de grande ampleur vient bouleverser le paysage politique des régionales mais aussi de nos pays de l'Europe de l'Ouest, que se passera-t-il ? On ne s'improvise pas « intellectuel collectif ».

Très concrètement la FEDERATION n'a que jusqu'à la fin de l'année 2009 pour exister et pas pour exister comme un conglomérat de petites organisations et de groupuscules ! Il s'agit d'exister en tant qu'organisation, certes souple, mais unie et parlant d'une seule voix faute de quoi la cacophonie l'emportera.

Notre avenir est imprédictible, rendez-vous dans six mois !

Contribution de Pierre Zarka (juin 2009)

 

Prépa du 13 et 14 Juin Fédération. Contribution de Pierre Zarka.

 

Depuis peu, je lis dans quelques textes de la Fédération (notamment dans le projet d'Université d'été) la notion de « révolution démocratique ». Cette notion me plaît plutôt. Reste à préciser ce que l'on y met. Dans le même temps, c'est sur les conditions de cette « révolution démocratique » que travaillent collectivement les communistes unitaires à travers une saine confrontation.

Pour moi, avant même d'évoquer l'emploi, les revenus ou les libertés, il s'agit de contester de la place que l'on occupe dans la société. Quand je dis société, je dis aussi dans la politique. Toute société étant politique. Ce qui a conduit un édito de Gilles Alfonsi dans Cerises (bulletin de l'ACU) à revendiquer « la guerre des places » non pas dans le sens de la conquête de postes de pouvoirs pour des individualités mais dans le sens de considérer que la place que l'on occupe dans la vie politique est un enjeu majeur. Ce qui caractérise celles et ceux qui ne détiennent ni les capitaux ni les leviers de pouvoirs c'est d'être assignés au statut d'exécutants et de dominés ou en cas de protestation, au statut de victimes.

Cela veut dire que la politique c'est-à-dire ce qui dans la société permet de maîtriser ou de participer à la maîtrise de la manière dont on vit en collectivité nous est « normalement » extérieure. Cela implique que dans le meilleur des cas, compte tenu d'acquis nous avons le droit de protester, de voter, plus précisément d'élire, c'est-à-dire de déléguer, mais de rester sur le pas de la porte.

C'est ainsi qu'il faut se demander si le taux pharamineux d'abstentions est une « anomalie » ou une manifestation qui porte à la fois de la lucidité et un sentiment d'impuissance. Au-delà c'est sur cette dissociation qui rend les individus politiquement schizophrènes que sont venues jusqu'à présent s'échouer toutes les tentatives de révolution. Et cela s'est traduit par une dichotomie entre acquis sociaux et accès aux pouvoirs, ce qui a rendu fragiles et réversibles les dits acquis sociaux.

Nous sommes donc devant ce problème : qu'est-ce qui rend possible une « révolution démocratique » ? Certainement plusieurs éléments mais comment les trier et les organiser ?

Pour redire rapidement ce que je pense des limites intrinsèques à tout programme, je me contenterai de rappeler que ce ne sont pas les congés payés qui ont provoqué le Front Populaire mais la perception d'une dynamique à la fois plus directement politique et plus complexe. Et si vouloir rassembler toutes les forces antilibérales est nécessaire c'est aussi profondément insuffisant. D'autant qu'à la gauche du PS, personne n'assume l'existence de l'éparpillement des forces alternatives.

C'est ici à mon sens qu'interviennent les premiers travaux du groupe de travail sur formes de politique et rapports social et politique. Je ne vais pas les répéter, je vais juste tenter le plus brièvement possible, d'en tirer trois dimensions.

 

1)Qu'est-ce qui fait mouvement ? Cela mérite d'être encore travaillé. Que des occupations d'usine se fassent pour obtenir de « bonnes indemnités » de licenciements pose la question de savoir s'il est possible de se défendre autrement qu'en rendant immédiates et concrètes les questions de transformation de la société. De ce point de vue, ne faut-il pas investir la notion de « Révolution » non pas dans l'optique d'une surenchère phraséologique mais de manière à situer l'ampleur des ruptures à concevoir et à effectuer ? Comment manier concrètement le « déjà en germes mais pas encore là » ?

 

2)Dans ce cas, quelle est la finalité de ce que nous entreprenons ? Ou autrement posé : qui est le sujet de l'action en politique ? Je veux dire est-ce que nous abordons les questions de recomposition et les échéances y compris électorales, seulement à partir des partis institués comme s'ils étaient tout l'univers de la politique et à partir de l'enjeu que constitue leur mise en concurrence? Ou sans du tout ignorer leur rôle, partons-nous des besoins et possibilités des mouvements de ce que ce que certains ont appelé un temps les « sans voix », comme étant à la fois le point de départ et la raison de toute construction politique ? Y compris lorsque l'on parle de recomposition. Faisons-nous DU mouvement lui-même, la finalité de tout effort politique ou simplement une force de soutien à autre chose? La réponse donnée modifie la place que l'on attribue au pouvoir d'Etat-sans le réduire à une question secondaire- ainsi que le rôle des forces instituées sans pour cela les négliger. Est-ce du domaine du rêve ? Ou au contraire, toute les expériences passées et actuelles ne font-elles pas la démonstration que les tentatives de constructions antilibérales sur le mode de la dissociation partis- mouvements réduit les uns et les autres à l'impuissance ? Existe-t-il un exemple historique où un large mouvement populaire ait pu se développer victorieusement en continuant la dichotomie du social et du politique ?

 

3)Enfin, conséquence des deux points précédents : la fédération elle-même. Il y a une contradiction entre avoir vite un outil d'intervention politique et ne pas clore trop vite le processus de constitution. Mais faut-il vraiment choisir entre ces deux termes? Ne faut-il pas intégrer cette contradiction comme moyen que l'un d'entre eux finisse le moment venu par dépasser l'autre? Sans doute faut-il habituer à que ce qui est en germe joue déjà un rôle et que ce rôle est d'autant plus important qu'il est porté parun processus qui revendique son inachèvement et donc son devenir. Aujourd'hui, trop de gens ou de regroupements considèrent que nous sommes un truc en plus du NPA ou du PG. Et trop on le sentiment que sa constitution n'est l'affaire que de quelques centaines d'individus. Si dans une salle quelques centaines cela fait beaucoup de monde, dans la vie, nettement moins. Je comprends tout à fait la situation de relative urgence dans laquelle se retrouvent des militants qui ne peuvent rester dans un état d'apesanteur en n'ayant pas d'organisation. Mais nous avons la possibilité que ce soit le « faire » qui contribue à faire l'organisation plus que la structure.

J'en tire la double conclusion (provisoire) suivante : l'éparpillement actuel des mouvements ne se dépassera pas par injonction. Il est nécessaire de créer l'envie et donc de montrer le possible de ce rassemblement. Mais pour cela nous avons besoin de prendre en compte que dans la majorité des cas, on peut tirer de l'expérience qu'à chaque fois qu'il a été question de se rassembler, le prix à payer en était l'assujettissement et la perte de son autonomie. Nous n'y répondrons pas par nos dénégations la main sur le cœur. Or ce que chacun(e) cherche à l'heure actuelle c'est une efficacité nouvelle. La preuve par une autre expérience concrète est donc à faire. Pour moi, elle incluse dans un même mouvement un autre mode de pensée qui est immédiatement opérationnel au fur et à mesure qu'il se construit. Selon moi,c'est certainement à cette aune qu'il faut penser l'avenir le plus immédiat.Je vous renvois à mes deux premiers points.

Dans un premier temps, nous pourrions animer dans le plus grand nombre d'endroits des rencontre-débats qui, à partir de la question de la ville et du territoire nous permet d'aborder concrètement la justice sociale et le cadre de vie ainsi que la création de nouveaux rapports avec les élus ; si nous pouvions en regroupant des salariés d'entreprises différentes- en fonction de nos forces- pour commencer à examiner comment concrètement nous posons de nouvelles exigences à partir du travail/ nature de la rémunération, des pouvoirs à prendre sur le devenir de l'entreprise ; si nous pouvions à la rentrée revenir dans les universités sur la place du savoir dans le développement des sociétés et comment toute sélection et compartimentation nous conduit vers la régression ; si nous pouvions poser la question des dépenses sociales non comme des coûts mais comme les investissements les plus sûrs qu'une société puisse faire et qu' à chaque fois, pour passer de l'idée à la réalité nous interrogions le rapport du social et du politique, le rapport du mouvement et de l'institutionnel, et si les élus engagés dans le processus de fédération pouvaient commencer à construire certaines de leurs interventions institutionnelles dans le cadre de telles rencontres, je crois que nous ne serions plus dans le discours abstrait Masi que nous prendrions l'initiative et le pas sur les conceptions traditionnelles et les impasses.

Après les élections européennes - Daniel Mino


Après les élections européennes

Quelques réflexions personnelles

 

Daniel Mino - CAP à gauche 74 Chablais -  10 juin 2009

 

Le communiqué de la Fédération me semble un peu court et trop consensuel. Nous ne gagnerons rien à ne pas dire franchement ce qui doit être dit ; en particulier la responsabilité écrasante des appareils politiques dans la situation catastrophique actuelle de la gauche, en échec depuis 10 ans. Elle nous conduira sûrement, si rien ne bouge, à de futures victoires d'une droite de plus en plus cynique et radicale, pourtant largement minoritaire et contestée, mais qui s'appuie sur un projet cohérent et une unité sans faille, pour l'instant

 

Voici donc quelques réflexions à chaud après le scrutin, en tenant compte que, sous réserve de démenti, l'abstention concerne majoritairement les couches sociales les plus frappées par la crise, qui ont voté Non au TCE et les déçus du manque d'unité à gauche du PS. Les résultats ne sont donc pas à prendre comme une image juste d'un rapport de force politique si les conditions d'un rassemblement au-delà des partis pouvaient exister dans la gauche radicale.

 

  • Le PS paye son alignement sur le libéralisme européen, son approbation par défaut du Traité de Lisbonne et sa politique présidentielle erratique. Un parti dont la moitié de ses membres se prononce pour une diva capricieuse et l'autre moitié pour une euro libérale convaincue, et dont les têtes de liste ont été désignées par un subtil dosage d'appareil sans aucun lien avec l'efficacité politique, ne peut plus prétendre à diriger la Gauche avec sa condescendance habituelle. C'est une des seules bonnes nouvelles de ce scrutin.
  • Europe-Ecologie recueille les fruits de l'unité des écologistes, au-delà des divisions antérieures. Ce succès est celui d'un engagement apparemment apolitique, ne remettant pas en cause les fondamentaux de l'Union européenne. En fait, c'est aussi une conception fédéraliste, antinationale, qui ignore les questions sociales les plus cruciales et répond aux inquiétudes environnementales des couches sociales peu touchées par la crise. Pour la droite, il s'agit d'un garde-fou contre les excès d'un capitalisme débridé, qui ne peut que gêner la remise en cause radicale du système. Ceci explique la complaisance dont DCB et ses amis ont fait l'objet de la part des médias.
  • Le Front de Gauche obtient un succès tout relatif eu égard au score qu'aurait pu espérer le PCF seul. En refusant la dynamique qu'auraient pu apporter les collectifs unitaires s'il s'était engagé franchement dans un front durable et ouvert, il se prive d'un résultat sans doute bien meilleur. Il lui a manqué aussi un réel engagement écologique, au-delà des discours convenus. Si ces conditions avaient été remplies, le Front de Gauche pouvait peut-être, en offrant une perspective unitaire et radicale mobilisatrice à gauche, devenir la quatrième force politique en France
  • Le NPA reçoit logiquement la sanction de son choix antiunitaire, qui a sans doute démobilisé un électorat jeune et peu motivé par les enjeux européens. La révolution anticapitaliste  issue d'une hypothétique Grève Générale attendra, les principales victimes du système capitaliste attendront aussi une issue politique de gauche  stérilisée par le sectarisme de ces pseudo-révolutionnaires.

 

Dans ce contexte, la Fédération peut-elle constituer une planche de salut dans cette gauche à la dérive ? Sa non participation à la campagne, si elle ne lui a pas permis une meilleure visibilité, la tient à l'écart des responsabilités du désastre. Cependant, cette attitude ne peut pas être reconduite sans obérer la crédibilité politique d'un tel rassemblement

 

Comme il ne peut être question de créer un nouveau parti qui accroitrait encore la confusion, il nous faut redoubler d'efforts pour rendre, sinon impossible, au moins difficilement justifiable le maintien de la situation actuelle par les partis se prononçant pour une alternative au système et pour une réelle transformation écologique et sociale.

 

Il nous faut pour cela apparaître comme une force cohérente, unie, dynamique, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui :

 

  • Une force cohérente :

-dans son but, la recherche de l'unité des forces politiques, associatives et sociales la plus large possible, sans se laisser paralyser par le refus dogmatique de certains

-dans ses propositions, qui visent à mettre en convergence les différentes propositions émanant des partis, des associations, des syndicats... avant de penser à élaborer un programme de plus

-dans ses objectifs, la construction d'une société nouvelle, dans laquelle l'économie sera maitrisée et contrôlée par des organismes les plus décentralisés possible afin de permettre l'intervention citoyenne la plus démocratique et la plus efficace, une société dans laquelle l'éducation et la culture seront considérées comme une priorité, le respect des droits humains comme une obligation.

Cette société ne peut se concevoir dans le cadre constitutionnel actuel, mais elle suppose de réunir une majorité de citoyen-nes, c'est-à-dire une alliance politique dans laquelle nos propositions seront majoritaires. La déconfiture actuelle du PS en ouvre peut-être la perspective.

 

  • Une force unie :

-Les forces adhérentes à la Fédération doivent s'engager à respecter quelques principes sans lesquels notre activité ne peut être prise au sérieux. Si chacun doit avoir la possibilité de développer ses propres analyses, la recherche de leur mise en commun et de l'élaboration de propositions communes doit impérativement primer sur l'expression publique de chaque composante de la Fédération. Cela nécessite que les formes de concertation, de prises de décisions et d'expression publique soit clairement définies dans cet objectif. Les divergences d'appréciations et les désaccords sur tel ou tel sujet sont normaux et inévitables ; mais si on les considère comme prévalent sur ce qui nous unis, nos débats seront rapidement agressifs et stériles et nous n'aurons aucune chance d'être crédibles et entendus

 

  • Une force dynamique :

Nous tiendrons cette dynamique de l'initiative reconnue aux collectifs de base, qui rassembleront des citoyen-nes ne se sentant pas embrigadés dans des décisions politiques d'état-major. Cela n'est pas contradictoire avec l'efficacité d'une expression publique nationale par des porte-parole mandatés par les réunions nationales, dont l'échéance trimestrielle doit être possible. En cas de dérive, le mandat peut être retiré dans ce délai.

Il est nécessaire partout où c'est possible de se doter de porte-parole régionaux compte-tenu des prochaines échéances.

 

C'est à mon avis à ces conditions, parfaitement réalisables si nous avons une réelle volonté unitaire, que nous pourrons contribuer à reconstruire avec les autres forces qui partagent cette volonté, un front de la gauche de transformation sociale et écologique, aucune de ces forces ne pouvant bien entendu prétendre à l'hégémonie sur ce rassemblement

 

Dans les 60% d'abstentionnistes de dimanche, il en est j'en suis sûr beaucoup qui n'attendaient que ce rassemblement pour s'exprimer. A nous de ne pas les décevoir une nouvelle fois !

Deux chantiers pour la Fédération de JJ Boislaroussie

contribution individuelle pour les 13 et 14 juin
merci de la faire figurer sur le site.
JJB

DEUX CHANTIERS POUR LA FEDERATION

Le bilan des élections européennes, la perspective des régionales, et bien au delà la nécessité de construire une gauche de transformation sociale et écologique, doivent inciter la Fédération comme les courants qui y participent à avancer sur deux terrains.

Pour une alternative sociale et écologique.
La capacité à construire un projet "écosocialiste" est une condition fondamentale d'une alternative. La plupart des courants de la gauche de gauche en sont conscients, l'écologie politique également, mais la tentation de camper sur "son terrain" reste permanente : aux Européennes la gauche de gauche a d'aord voulu exprimer la colère sociale, la liste écologiste s'est d'abord situé sur le terrain d'un paradigme écolo renouvelé.
Aujourd'hui, sur le terrain social, la bataille pour que les plate formes revendicatives ne s'en tiennent pas à une vision a-critique de la "relance" est permanente. Pourtant la crise peut permettre de porter des perspectives nouvelles liant partage des richesses, démocratie autogestionnaire, appropriation sociale, nouvelles formes de production et de consommation.
La grille de lecture sociale et écologique est également fondamentale pour une alternative à l'échelle de la planète, et des objectifs comme la souveraineté alimentaire ont vocation à fédérer au nord comme au sud.
Premier chantier donc.

Une stratégie pour le changement social et écologique.
Pour dépasser une question qui à chaque échéance électorale a fait éclater les cadres unitaires, un deuxième chantier doit s'ouvir.
Pour simplifier, le NPA considère la question de la démarcation vis à vis du PS comme "identitaire" et non stratégique, le PCF et les Verts, dans leur majorité ont intégré l'alliance avec le PS dans les exécutifs comme un élément strucurant de leur démarche.
Si cette contradiction n'est pas débattue, dépassée, elle ressurgira dès les prochains mois et rendra toute perspective unitaire large illusoire.
Au delà des deux "butoirs" que constituent une présence au premier tour indépendante du PS, et la nécessité de ne laisser aucune change à la Droite, d'autres avancées sont nécessaires.
Etre donc en capacité de s'approprier, en fonction des rapports de forces sociaux et politiques et des contenus de plate formes d'alliance au 2eme tour, le pouvoir de dire "OUI" à des alliances avec le PS dans les collectivités territoriales si les rapports de force et les contenus le permettent, et celui de dire "NON" si les conditions de vraies avancées ne sont pas réunies.
Il va ici de soi que l'unité de la gauche et de l'écologie de gauche est un élément important permettant de faire bouger les lignes, en gagnant confiance, changeant les rapports de forces (par exemple en passant la barre des 10% au premier tour...) et en dépassant la démarcation "identitaire" des uns (NPA dans sa majorité) au nom de la cohérence politique, et l'alignement principiel des autres (PCF et Verts dans leur majorité) au nom du "moindre mal' et de la survie. Bref partir de l'analyse concrete de situations concrètes.

Si nous vérifions un accord sur ces deux chantiers, au sein de la Fédération et entre les courants qui y participent, ouvrons les sans attendre. Sans nous satisfaire de l'"entre soi", mais en coopération avec les secteurs sociaux et politiques les plus larges possibles.

Jean-Jacques Boislaroussie

 

Sur texte préparatoire contribution de Pierre Gineste

REUNION NATIONALE DES 13 & 14 juin

Document préparatoire 

Modifications en mauve

Pierre Gineste mai 2009

 

 

Du samedi 11 heures au dimanche 16 h30 (horaires à valider)

A Université Paris 8 - métro ,ligne 13, saint Denis Universités

Des réunions des Communistes unitaires, de la CNCU et des Alternatifs auront lieu en amont de la réunion nationale.

 

 

Ordre du jour :

 

1-L'analyse de la situation politique une semaine après le vote des européennes : celle-ci visant à dégager des thèmes d'intervention politique commun et  aussi ceux qui doivent être encore discutés entre nous

 

2-Le lancement de la préparation  de l'assemblée générale de décembre : en intégrant les apports des groupes de travail et des collectifs comme des composantes,

Un texte devrait donc être adopté, qui s'adresse aux citoyen-ne-s et toutes les forces sociales et politiques concernées.

 

Des documents diffusés, des actions déjà effectuées :

-          Un appel a été fait, à toutes les contributions individuelles et collectives sur les thèmes essentiels de notre prochaine réunion. :

-          Des documents ont été mis en circulation :

Un texte  présenté le 7  Février : « Pour une alternative écologique et sociale »

Une page de présentation de la souscription.

Une première annonce de l'université d'été

Un document d'étape pour lancer la préparation des 13 & 14

Le projet de budget

Eléments de discussion sur des propositions alternatives

 

Eléments de débats en vue d'amendements et d'adoption

 

Deux textes non séparables et une annexe  (sur le budget)

 

 

I // - le projet de Fédération (texte actualisé)

1 : Nos réponses à la crise du capitalisme 

2 : Notre proposition d'une force politique nouvelle 

3 : Nos campagnes et actions

 

4 : Nos options pour les élections

 

II // - Propositions pour le fonctionnement de la Fédération

Numérotation  de  1 à  32.

 

Une annexe présente le budget.

 

 

Les numérotations doivent permettre que des points particuliers d'amendements (ajouts ou

I // - Le projet de Fédération (texte actualisé)

 

1 : Nos réponses à la crise du capitalisme 

1 - L'enjeu apparaît entre la recherche d'adaptation et de régulation meilleure du système, et une prise de conscience des rapports d'exploitation et de domination appelant une alternative.

2 -  Nous pouvons agir dans une telle phase d'inquiétudes, de mobilisations, de  désarrois et de possibles reclassements : propositions alternatives, relations entre les mobilisations et la remise en cause des institutions

3 - Nous ne pouvons pas ignorer que la crise, par sa profondeur, fait peser la menace d'inégalités accrues, de régressions terribles des droits démocratiques et sociaux, de guerres et de xénophobies.                   « Nous ne pouvons pas ignorer... »: drôle de phrase qui prend la pause!!

 4 - Inversement, elle met à l'ordre du jour un dépassement des cadres du capitalisme productiviste et ouvre la voie à une appropriation sociale des richesses, à d'autres rapports de production, à d'autres objectifs pour l'activité humaine, à d'autres rapports à la nature.

 5 - Nous devons poursuivre le débat, et le porter dans les mouvements sociaux, sur la stratégie à mettre en œuvre face à la crise, sur les conséquences de cette crise sur les mouvements sociaux et les forces de transformation : en particulier nous devons mettre l'accent sur les contradictions entre radicalité et lutte prolongée qui sont au cœur du débat stratégique

             exemple type de phrases creuses et inconsistantes

2 : Notre proposition d'une force politique nouvelle 

 1 - Elle ne vise pas un simple réseau occasionnel ne discutant que de façon sporadique et désordonnée.

 2 - Mais il s'agit d'un espace politique où se retrouvent des citoyen-ne-s et des groupes, courants, organisations politiques, porteur de pratiques, de réflexions de traditions différentes et en même temps en accord pour constituer ensemble une dynamique de mobilisation afin de transformer la société, combattre face à l'urgence sociale et écologique pour dépasser et remplacer le système capitaliste.  

 3 - Cela suppose d'inventer autre chose que les comportements délégataires qui servent en fait à réguler le système, des règles marquant toute la place des militant-e-s et des forces diverses ; avec des formes de coopérations entre mouvements sociaux et élaboration d'exigences politiques

 4 - Ne nous laissons pas décourager par les expériences depuis 2005. Il est vrai que la recomposition des formes de la politique s'est heurtée à des résistances terribles. Mais ces échecs ne mettent pas fin aux espoirs, aux attentes. Des militant-e-s et des collectifs, des forces politiques ont consolidé leurs options et leurs capacités d'agir.

 5 - L'écart est énorme entre la politique telle qu'elle se perpétue et par ailleurs les capacités de lutte et d'inventivité dans les luttes.

 6 - De même, la compréhension de la possibilité de mettre ensemble tous les aspects éclatés des résistances aux politiques gouvernementales confirme l'actualité de notre volonté de faire progresser  la constitution d'une force politique nouvelle.                 Je serais prof de français, je commenterais « galimatias »!!

 7 - Nous réaffirmons que le politique est un enjeu, qu'il est un outil nécessaire des changements progressistes, mais pour cela, la pratique politique doit changer            le creux atteint des sommets!!

 

 

 3 :  Nos campagnes et actions

 

 1 - A côté de notre implication dans de nombreuses luttes et initiatives, il est proposé de commencer dès à présent à travailler sur la préparation et l'organisation d'une campagne politique porteuse de la démarche de la Fédération, donc articulant des formes d'appropriation citoyenne et l'expression d'exigences concrètes alliant radicalité et implication dans la gestion de la cité. Il serait important pour son impact, et pour la visibilité de la Fédération, d'aller vers l'élaboration d'actions et d'initiatives locales, départementales ou régionales reliées (et non pas soumises) à une démarche nationale.

 

 2 - Tout l'enjeu est qu'une telle campagne ne soit pas un copier-coller d'autres initiatives existantes mais qu'elle soit une étape pour traduire dans l'action sur l'actualité politique nos intentions en faveur d'une nouvelle force politique de transformation sociale, fédérant les énergies - forces et citoyens - au-delà des césures entre le social et le politique, prenant simultanément en compte la dimension sociale et la dimension écologique...

 

 3 - En Ile-de-France, il pourrait s'agir d'une campagne sur la solidarité au sein de la région, notamment sur l'avenir des quartiers populaires.

Elle pourrait être lancée publiquement dans la deuxième quinzaine de juin, après les résultats des élections européennes. Au niveau des contenus, elle devrait favoriser l'expression des citoyens - "ce que nous voulons" -, traiter de grandes thématiques concrètes tout en étant porteuse de valeurs fondamentales. Le lien avec le débat institutionnel est évidemment nécessaire. Cette démarche "alternative" et "citoyenne" inclurait la perspective des futures élections régionales tout en la dépassant.

            Campagne de solidarité avec les quartiers populaires (QP). La proclamation de la solidarité avec les quartiers populaires, pourquoi pas, c'est on ne peut plus juste. La solidarité. Mais la campagne sur quelle base? Quel investissement des comités locaux dans ces luttes? Je crains que ce ne soit un renvoi d'ascenseur populiste au MIB. Je signale que le NPA étaient nettement plus présent au FSQP (forum social des quartiers populaires) d'octobre 2008, en la personne même d'O.Besancenot - et de son petit garçon-) que les ancêtres de La Fédération. Peut-être pourrions-nous nous « établir » dans des QP? Décider que la campagne sera lancée dans 15 jours.... je rêve! « D'où viennent les idées justes? Tombent-elles du ciel? Non. Sont-elles innées? Non. Elles ne peuvent venir que de la pratique sociale, des trois formes de la pratique sociale.... » Que les groupes de LaFédération engagés dans ce type de travail soit valorisé, ce peut être bien, mais on ne peut décréter un campagne en IDF. Quelle(s) campagne(s) alors? On verra ci-après.

 

 4 - Notre participation aux campagnes contre la précarité et le chômage, celle de l'action climat, pour les services publics, comme les collectifs divers auxquels nous participons sont indispensables car il s'y joue la mobilisation alternative au système capitaliste en crise

            Campagnes et collectifs: n'y a-t-il pas une confusion ici? Des collectifs, il y en a toujours eu, il y en a, il y en aura. Donc on continue les collectifs dans lesquels nous sommes: bravo, bonne proposition. Je m'arrêterais à la campagne Climat. Non pas Climat, mais Energie & Climat. Etant un des animateurs de la campagne Urgence Climatique, Justice Sociale, je suis assez bien placé pour en dire 2 mots. Ce me semble effectivement un très bon thème de campagne. Outre l'urgence de la question, ce me paraît être un très bon thème, quoique pas facile, pour travailler la convergence des forces de la Fédération entre elles et avec celles des structures politiques frères/soeurs que sont FdG, PCF, NPA. Pas facile, car la plupart sont issues des courants productivistes plus ou moins révolutionnaires. Nécessaire car la nécessaire convergence ne pourra qu'avoir l'écologie pour une de ses bases. Donc campagne pour agir politiquement, convaincre notre base sociale de cette nécessité, et nous transformer nous-mêmes.

            Quant aux services publics (nationaux et européens), c'est un des éléments centraux qui nous est commun avec les autres organisations antilib avec qui nous devons converger.

            C'est pourquoi, ces campagnes ne sont pas simplement des « campagnes auxquelles nous participons » mais doivent être des campagnes à construire ensemble avec le PdG, le PCF, le NPA, puis avec les autres organisations.

           

 5 - Le rôle de la Fédération, ici, tout en posant la question du rapport des forces et de la convergence des luttes nous semble être de faire émerger quelques exigences communes fortes. Des exemples ont été donnés, afin de cristalliser des objectifs qui soient tout à la fois sociaux, écologiques et politiques : socialiser autrement les richesses, dont la réduction massive du temps de travail du fait des gains de productivité et dont un secteur financier public fort pour soutenir des changement de mode de développement, dont la mise en cause de la propriété des entreprises qui délocalisent ou ferment alors que, vu les aides d'état depuis des années, elles devraient être propriété publique...

            on pourrait peut-être même parler de nationalisations....

4 : Nos options pour les élections

  1 - Nos options en termes de présence et d'alliance pour les prochaines élections, contre la droite et pour changer le rapport des forces à gauche doivent être affirmées.  Discutons donc des conditions pour que les implications dans des échéances électorales contribuent à provoquer une dynamique politique d'un nouveau type.

 2 - Nous refusons de faire la force d'appoint aux politiques sociales libérales et à des majorités politiques incarnant ces options. Nous ne souhaitons pas nous contenter d'être le haut parleur, les représentants dans le champ politique des forces du mouvement social qui se contenteraient, elles, d'agir à côté sur un terrain complètement séparé des enjeux politiques : la division du travail rigide (étanche) entre politique et social n'est pas la garantie d'une autonomie des syndicats ou des mouvements mais de la subordination de ceux-ci aux représentants politiques et à l'Etat.

 3 - C'est une raison de plus pour proposer que se regroupe un véritable front des forces alternatives  (Fédération très large ou collectifs de liaison permanents où la Fédération aurait sa place avec le NPA, le PG, une grande partie des forces du PCF voire ce parti en tant que tel s'il le souhaitait) mais aussi sous des formes définies par eux- mêmes les acteurs les plus nombreux possible des mouvements sociaux et de regroupements dits « citoyens ». Ces derniers sont particulièrement actifs dans les champs politiques locaux

 4 - Les choix de bataille politique, y compris de tactique électorale, pour les régionales de 2010[1],  devraient être précisées comme illustration de ce que nous voulons regrouper : 

-                      c'est un moment pour concrétiser par des objectifs les changements possibles tout en appelant à construire le projet

-                      nous devons être capables de proposer des outils d'interventions des mouvements sociaux et des citoyens dans le fonctionnement institutionnel

-                      nous devons proposer de lier luttes en cours et démarche citoyenne

      vu le potlach idéologique dans lequel nous nous trouvons depuis quelques années, il me semble nécessaire d'avoir un travail plus théorique, plus de fond, ce qui se fait dans des structures du genre Coprenic, des revues telles que Mouvements, Critique communiste...

 

II // - Propositions pour le fonctionnement de la Fédération

 

 1 - Rappel sur les objectifs de la Fédération : fonder une nouvelle force politique capable de créer la dynamique nécessaire à une alternative sociale et écologique à la société libérale actuelle. 

 2 - La réunion des 13 & 14 juin a pour rôle de préciser et d'affirmer publiquement ce projet, tout en le traduisant dans des modalités de fonctionnement qui permettent de préparer l'Assemblée générale prévue en décembre.

  .

 3 - La Fédération est en cours de constitution ; elle a été lancée à l'appel de personnalités et d'organisations politiques, afin de permettre un processus de construction ample, local et national à la fois. Il nous faut maintenant indiquer les pas en avant réalisables en juin en vue de l'Assemblée générale de décembre prochain. .

 4 - Pour son fonctionnement démocratique, quelques décisions ne peuvent attendre.

 

5 - Nous sommes en effet composés d'organisations politiques, de collectifs locaux et d'individus. Dans cette phase transitoire, nous avions proposé en Février que notre coordination nationale soit évolutive, assumant l'origine duale de la Fédération (adhésions individuelles et collectifs locaux, implication de courants et organisations).

 

 6 - Justement parce que le processus doit rester ouvert, il faut pour juin une liste des comités locaux existants ; de même nous avons besoin de connaître les coordinations départementales voire régionales qui existent. Ce mouvement se poursuivra dans la perspective de l'Assemblée générale en décembre.

 

 7 - Il nous faudra donc, pour la phase d'affirmation jusqu'à l'Assemblée générale, fixer cette composition pour une coordination nationale et un exécutif mandatés politiquement.  Au fur et à mesure des constitutions locales de structures de la Fédération, des représentants seront partie prenante de cette direction nationale large, la coordination nationale.

 

 8 - .Des représentants des courants  et organisations y ont toute leur place.

 

 9 -  Faut-il prévoir d'y associer des personnes particulièrement motivées et utiles pour des domaines d'activité particuliers ?

 10 - Durant la phase de préparation de l'Assemblée générale, en lien avec l'expérience pratique de la coordination nationale, une réflexion doit se poursuivre et se préciser sur  les points 8 et 9 ci-dessus.

 

 11 - La coordination nationale assure, dès le mois de juin, une tâche de veille et d'impulsion sur les initiatives, les pratiques, le fonctionnement.

 

 12 - Pour notre visibilité... Devons nous avoir des porte-parole ? La réponse ne peut qu'être oui. Qui ? Pour tenir quels rôles ? Place des élus et des porte-parole ? Mandatement ? Visibilité de personnalités et émergence de réalité diverses et nouvelles ?  Quelles instances, nationalement, organisent cela ?

 

 13 - Adhésion, cotisation et budget : des décisions à prendre

 

 14 - Notre réunion de Juin doit décider un budget avec comme postes principaux de dépenses ; les déplacements des représentants des comités locaux, l'édition de matériel, le financement d'un local partagé qui serait celui de la rue du Chaudron, l'université d'été. Tout en étant économes de moyens et « débrouillards », il est indispensable d'avoir des moyens et une transparence.

 

15 - Le montant de la cotisation devrait être le même partout :

 

a) un barème indicatif est à discuter :   5 Euros pour les personnes avec peu de ressources (par mois ou par trimestre),  10, 15, 20 (par mois ?) pour les autres selon leurs moyens.

Avec la possibilité de pouvoir déduire 2/3 des sommes versées des impôts pour celles/ceux qui y sont assujettis.  (cf. annexe Budget)

b) 1/3 de cette cotisation locale pourrait être destinée au national. Ou 2/3 de celle-ci.

 

 16 -  Bien évidemment des dons sont possibles,  sur la base des 2/3 déductibles de l'année suivant le versement, exemple 100 euros versés,  65 déductibles du versement de l'impôt, coût réel 35 Euros.

 

 17 - Il est important de répertorier les élus membres de la fédération pour qu'ils puissent contribuer au financement.

 

 18 - Bien entendu il faut élire une commission financière chargé de veiller aux recettes et aux dépenses ; nous proposons qu'elle soit composée de...

 Le projet de budget, -annexé à ce texte-, soumis à discussion, sera adopté en juin.

 

 19 - La Fédération a un mode de fonctionnement fédératif

 

 20 - Nous poursuivons la création des comités locaux, et favorisons leur coordination au niveau départemental, voire régional.

 

 21 - Notre communication doit faire circuler les expériences de chacun sur les actions, les modes de fonctionnement, les relations avec le mouvement social, syndical et les autres organisations politiques.

Les principes tels que le droit d'objection, la double et multi appartenance, doivent être communs aux comités.

 

 22 - Cela implique de grands axes d'engagements, correspondants à nos discussions d'orientation, qui sont mis en œuvre par des campagnes politiques, nationales, locales, régionales ;

 Les responsabilités de l'exécutif sont ainsi fixées dans ce cadre, suivi régulièrement par la coordination nationale, 

 

 23 - Les modes de prise de décisions :

Nous avons dit en Février que nous prendrons nos décisions au consensus ce qui implique deux règles politiques. D'une part, la recherche des démarches les plus inclusives ; et par ailleurs, en cas de désaccords que nous ne prenons de décisions que lorsque ceux qui marquent un désaccord n'en font pas un point de blocage.

 

 24 - En ce qui concerne notre soutien aux différents mouvements sociaux, nous devenons définir des critères et ne pas poser la question à chaque invitation. Pour ce qui concerne notre représentation la proposition est d'être présent-e-s dans le plus grand nombre possible de coordinations, de collectifs qui nous y invitent. Les personnes qui représentent la Fédération peuvent signer en son nom et assurent le relais pour les informations et les tâches militantes. 

            Questions: puis-je engager La Fédération dans Votation Citoyenne? Dans Urgence climatique, Justice sociale, outre moi, il y a Rolland Mérieux: je suppose qu'il a le pouvoir de signature pour La Fédération

 

 25 - En ce qui concerne les signatures de tracts et de communiqués, deux solutions se présentent.

            a) Les uns souhaitent que la signature « Fédération » remplace les diverses composantes, les incluant en tant que telles.

b)  D'autres veulent maintenir leur signature en plus, à côté de celle de la Fédération.

 

 26 - Nationalement, pour des raisons de maturation politique, il a été proposé de signer Fédération suivi des organisations de la Fédération qui souhaitaient y figurer. Localement, des solutions diverses ont été choisies.

 

 27 - Nous devons sans doute décider que cette question sera débattue, à l'assemblée générale. Peut-on vraiment  séparer cette question du maniement d'une signature des discussions autours du « nom » de la Fédération ?

 

 28 - Coordination nationale et exécutif, ont pour rôle une centralisation et des initiatives

 

29 - Une coordination nationale plénière, si elle en a les moyens financiers,  devrait se réunir (deux variantes à discuter)

 a) une fois par mois

 b) toutes les six semaines.

 

30 - Elle devrait être préparée pour en faire de véritable rendez-vous de travail : combiner des discussions approfondies de travail sur  un thème ou un dossier avec le suivi des campagnes et des initiatives à préciser.

 

 31- Un secrétariat (ou « exécutif ») doit se réunir tous les quinze jours, tout en ayant son travail organisé en permanence par la mise en œuvre des décisions ou la préparation des réunions suivantes.  Cela pose deux questions :

 

 32 - Celle de la disponibilité :

 Venir tous les quinze jours en semaine demande de la disponibilité (retraité ou un métier qui le permette). Même si certaines villes offrent des temps de déplacement acceptables.

Deux variantes :

            32a) Nous pourrions envisager une réunion par mois (coordination) et une réunion restreinte d'un secrétariat une fois par mois.

32b) : Une réunion de la coordination toutes les six  semaines, une réunion d'exécutif (comportant des personnes hors région parisienne) tous les quinze jours.

 

33 - Un système d'information, de discussion sur internet pour les membres de la coordination et des groupes de travail autour des tâches de fonctionnement et des grands domaines d'activité.

 

 34 - Celle de la communication :

34 a) Le site fonctionne mais il faut être attentif à avoir une équipe suffisante pour faire tourner notre communication sur internet.

34b)  Le groupe de travail sur la communication doit être consolidé et la question de la synergie des divers sites devra progresser.

 

35 - Des groupes de travail :

35a) Ils ne peuvent se substituer au rôle de la coordination nationale. Ils visent à rassembler des personnes particulièrement motivées, informées... dans un domaine d'activité, en lien avec l'exécutif et la coordination.

35b) La réunion de juin peut  décider d'en créer pour travailler aux textes d'orientation et aux documents sur le fonctionnement et/le règlement intérieur. Ces groupes de travail agissent alors dans le cadre et sous l'impulsion de la coordination nationale.

 

            PdG, PCF, NPA ne sont cités qu'une seule fois, à propos des élections. Construire LaFédération sans parler du PdG, du PCF, du NPA me paraît inconsistant et pour tout dire un cul-de-sac, dans lequel je refuse de m'engager.

 

III // - Budget proposé

 

Le budget présenté est celui d'une vraie organisation et fonctionnant avec les deux entités : Association « La Fédération » et Association de Financement de la Fédération. Pour avancer sur le processus, nous avons besoin d'outils (local, tel, bureautique...) et de garanties de bonnes gestions pour ce qui est de l'association de financement.

Ce budget pour être sincère doit être en équilibre.

 

a)      Pour ce qui est des dépenses, certaines sont incompressibles (fluides, locaux, frais postaux...) d'autres relevant de décisions politiques notamment pour ce qui est des remboursements de déplacements qui restent à quantifier (cf. point 13) ou l'équipement en matériel bureautique.

 

Nous avons inclus l'acte 1 de la Fédération, le meeting du 6 février dernier. Le coût de cette opération s'élève à 24 050 € (coût très moyen pour un meeting de cette envergure). Nous n'avons pas financé ce meeting. Il est donc important que nous épurerions cette dette au plus vite auprès des différents fournisseurs qui nous ont fait confiance en abaissant leurs coûts.

 

L'université d'été est aussi un gros poste de dépenses, qui se doit d'être absolument couvert par les inscriptions.

 

b)      Pour ce qui des recettes, plusieurs postes :

- cotisations individuelles et d'organisations

- recettes université d'été.

- les versements de l'association de financement.

 

Les cotisations seront de plusieurs ordres :

- les adhésions individuelles directes

- les adhésions des organisations en fonction du nombre d'adhérents.

- les adhésions des comités locaux sur la base d'un reversement d'un pourcentage des adhésions effectuées en direct pour pouvoir financer les déplacements et matériels de communication nationaux.

 

En effet, à l'association Fédération s'adosse l'Association de Financement. Cette dernière structure dont l'unique objet est le financement de la Fédération permet aux personnes imposables de bénéficier des déductions fiscales. Ainsi pour un don de 10 euros, 65 euros est défiscalisable.

Ainsi toute personne imposable aura pour tout intérêt à effectuer son versement à l'association de financement.

Les reversements aux comités locaux sur les cotisations individuelles reçues se feront sur la même base que celle de la fédération (cf décision à prendre point 16).

 

Ainsi, nous pourrons avoir plusieurs catégories de donateurs à l'association de financement :

- les individuels non engagés par ailleurs

- les élus

- les adhérents à d'autres formations politiques ou association du mouvement social.

 Chaque situation sera étudiée au cas par cas.

Un recensement des élus devra être effectué.

 

---------- fin ------------------

Texte des Assises -- Louis Sénéchaut - juin09

Tout dépend du statut du texte politique des 13-14 juin.

 

Je vois une dérive sensible du texte des Assises au texte du 7 février puis à celui des 13-14 juin. Alors qu'en décembre 2007 nous étions encore centrés sur la question de l'unité sur un programme de transition, que cette préoccupation était encore présente le 7 février, elle a disparu pour les 13-14 juin.

Nous finissons par nous référer à l' "anticapitalisme", comme tant d'autres, alors même que cette notion porte peu de contenus concrets. L'unité ne se bâtira pas à mon sens sur des perspectives purement idéologiques, mais sur des perspectives de changements concrets propres à mobiliser une majorité de citoyens. Il ne suffit pas d'en faire un sujet de l'université d'été, il faut les mettre au coeur de notre projet politique.

C'est sans doute la raison profonde qui fait paraître le texte proposé comme très abstrait, pas convaincant, qui ne donne pas envie de convaincre d'adhérer à La Fédé.

Voici, dit à grands traits.

Amicalement,

Louis Sénéchaut

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