J’aimais beaucoup Bernard Maris (P. Cours-Salies)

Cela fait sans doute un peu nostalgique : nous avons eu, depuis Mai 68, un cheminement différent mais commun… Nous avions en commun une même option, celle de ne pas respecter l’ordre de cette société et de chercher les moyens pour contribuer à son rejet et son dépassement. Bernard avait vécu Mai 68 comme un début et un éblouissement : la politique pouvait porter des espoirs profonds, collectifs, capables de changer les relations entre les êtres humains. Il parlait peu de sa famille, mais je crois que Mai lui fit revoir autrement les combats de la République espagnole.

Il se méfiait des organisations ; et, au vu de ce que furent très vite les compétitions entre groupes et leaders, qui le lui reprochera après coup ? Même si, sur le moment, je faisais le choix de contribuer à construire une organisation et même de poursuivre !

Il fit de « mauvais choix » pour Maastricht, pour le Traité européen. Il espérait que l’Europe soit un espace qui contraigne les appareils à changer et à poser des questions de transformations autrement. Il en était bien revenu !

Entre temps, nous avons eu l’occasion de travailler ensemble à Paris 8 et d’assurer la responsabilité de ce qui était une initiation à la recherche, un DEA (diplôme d’études approfondies) avant les effets de la réforme LMD.

Devenus l’un professeur d’économie, l’autre de sociologie, Bernard avait tenu à me convaincre d’y candidater. Ce fut un bonheur, malgré la charge de travail.

Bernard était un excellent propagandiste de Keynes, lu de façon un peu radicale mais loin des bêtises souvent racontées sur les régulations faciles à atteindre dans le capitalisme.
Il discutait aussi de Marx, de Gorz. Il menait une vraie campagne fort efficace contre les économistes néolibéraux, ces « théologiens » du capitalisme contemporain.
Je pense même qu’il vivait son implication dans Charlie comme une sorte de nouvelle pousse de l’insolence des Lumières.

Et voilà qu’il en est mort et que je ne le verrais plus.
L’esprit libre de Bernard et de Charlie devenu un symbole mondialement connu... Comme il en rirait !

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