Militants de Gauche Unitaire, nous participons au mouvement politique « ENSEMBLE »

A son dernier congrès national en avril 2013, Gauche Unitaire, partie prenante du courant d’idées « Trait d’Union », avait décidé d’engager une nouvelle étape du processus de vérifications politiques et pratiques pour constituer une organisation commune. Un débat s’est ensuite développé dans Gauche Unitaire sur l’appréciation du processus de regroupement. Ce débat est toujours en cours.

Nous sommes des militants de Gauche Unitaire impliqués avec de nombreux camarades localement dans le regroupement, pour contribuer à son développement, tout en poursuivant le débat au sein de notre organisation pour que Gauche Unitaire en soit pleinement partie prenante. Nous sommes convaincus qu’il est plus que jamais nécessaire, dans la situation difficile que connaissent le Front de Gauche et l’ensemble de notre camp social, de lutter contre l’émiettement des forces militantes et de chercher à construire les convergences et les rapprochements qui nous permettent d’être plus utiles.

De ce point de vue, l’organisation des Assises des 23 et 24 novembre pour constituer le mouvement « ENSEMBLE / Mouvement pour une alternative de gauche, solidaire et écologiste » est un évènement très positif qui marque une rupture avec la culture de l’auto suffisance propre aux petites organisations. Les différences politiques qui existent entre nous ne sont pas un obstacle à notre rapprochement et à la construction d’une cohérence politique commune, pour peu que nous sachions prendre le temps d’avoir les débats nécessaires, de distinguer d’une part les questions sur lesquelles nous pouvons avancer et construire du commun et d’autre part celles qui méritent des débats plus approfondis. Nous ne sous-estimons pas les difficultés de ce travail. Et nous sommes bien conscients que notre diversité, si elle est une richesse, peut être également source de difficultés; que nos investissements militants locaux, notre répartition territoriale inégale, les situations auxquelles nous sommes confrontés nous amènent parfois les uns et les autres à avoir des appréciations différentes que nous devrons apprendre à surmonter pour produire du commun et de la confiance réciproque. Pour chacun d’entre nous, cela suppose également de rompre avec des habitudes militantes qui se sont construites dans nos organisations respectives. Ce défi – car c'en est un -, nous décidons de le relever, conscients des difficultés, conscients de l'urgence de la situation, conscients qu'il nous faut construire le Front de Gauche de toutes nos forces rassemblées.

Un des enjeux essentiels de la situation politique aujourd’hui est le développement et l’élargissement du Front de Gauche, duquel nous sommes tous partie prenante. Le Front de Gauche, au-delà de ses limites et des difficultés actuelles qu’il connaît, constitue un outil essentiel pour construire à l’échelle de notre camp social une véritable alternative de gauche qui réponde aux enjeux majeurs posés par la crise du système capitalisme et à la crise écologique. Depuis plusieurs années, du 21 avril 2002 au 29 mai 2005, la nécessité d’une recomposition politique des forces de la gauche de transformation sociale et écologique est ressentie comme une nécessité vitale. Le Front de Gauche a commencé de répondre à cette nécessité, même si beaucoup de travail reste à faire. Mais c’est un outil précieux pour des millions de salariés et de jeunes. Un éclatement du Front de Gauche constituerait une régression politique extrêmement dangereuse dans la situation politique que nous connaissons et dont personne ne sortirait indemne.

C’est pourquoi notre regroupement doit s’efforcer de faire les propositions qui permettent à chaque fois au Front de Gauche, avec toutes ses contradictions, de faire des pas en avant, de s’élargir, d’être utile. Cela suppose de développer une démarche pour le Front de Gauche dans son ensemble. Le PCF et le PG, qui constituent les deux principales organisations du Front de Gauche, ont leur histoire propre et leurs contradictions. Elles constituent des réalités politiques incontournables du Front de Gauche et nous devons développer avec chacune d’entre elles des relations politiques constructives, qui n’excluent pas l’expression des désaccords, pour favoriser le développement du Front de Gauche. En ce sens il est décisif, comme nous l’avons souligné dans les « textes de référence » du 15 juin, que notre regroupement ne se considère pas comme « l’aile gauche » du Front de Gauche mais comme une composante pleinement partie prenante de sa construction.

Au-delà des prochaines échéances municipales et européennes de l’année 2014, les défis auxquels le Front de Gauche et nous-mêmes sommes confrontés sont immenses. Trois questions plus particulières, qui sont loin de tout épuiser, peuvent à notre avis être identifiées :

  • Le travail nécessaire sur le projet de société qui pourrait être porté en commun par les forces du Front de Gauche. Entre le « communisme de nouvelle génération » ou « l’altercommunisme », « l’écosocialisme », la « démocratie jusqu’au bout », qui s’exprime à travers l’aspiration auto gestionnaire, la vision de la société alternative au capitalisme mondialisé d’aujourd’hui que nous défendons constitue un chantier largement laissé en friche par les forces du Front de Gauche. C’est pourtant une question essentielle, que le Front de Gauche ne pourra contourner dans les prochaines années, et qui est au cœur des rapports de force entre les classes. Alors que la droite, sous la pression des forces d’extrême droite, est engagée depuis plusieurs années dans un travail de recomposition idéologique, les forces de gauche restent désarmées au regard de cet enjeu majeur.

  • La place et la relation avec le mouvement social et le mouvement syndical dans son ensemble est une autre question sur laquelle la gauche de transformation sociale et écologique doit avancer. C’est une question stratégique car nous savons qu’aucune transformation révolutionnaire ne pourra être mise en œuvre sans une mobilisation et une participation populaire étendue et prolongée. Mais c’est aussi une question immédiate, dans les initiatives militantes que le Front de Gauche peut prendre, que ce soit avec la marche du 5 mai ou les assises du 16 juin, dans sa capacité à impulser des démarches unitaires respectueuses de ses partenaires.

  • La construction d’une alternative à gauche, opposée à la droite, à l’extrême droite et au social libéralisme, qui refuse la politique d’austérité de François Hollande. Le texte d'actualité politique pour les assises des 23 et 24 novembre souligne à juste titre que le Front de Gauche ne saurait constituer à lui seul une alternative à gauche. Pour travailler à cela, il ne s’agit pas d’être « en attente » des éventuelles contradictions qui émergeraient au Parti Socialiste et à Europe Ecologie, mais d’être force d’initiative et de proposition pour saisir toutes les occasions de faire des pas en avant concrets, de réaliser des convergences des forces politiques de gauche, des forces du mouvement social et syndical, à partir des questions immédiates qui se posent aujourd’hui. De la question de l’immigration à la lutte contre le Grand Marché Transatlantique en passant par le rejet de l’injustice fiscale, les terrains ne manquent pas sur lesquels il est possible et nécessaire de faire entendre une autre voix à gauche et dans le mouvement social que celle portée par F. Hollande et J.M. Ayrault.

C’est ce à quoi le Front de gauche est confronté et auquel le mouvement « ENSEMBLE » pourrait contribuer.

Bruno Antzenberger (75), Martial Antzenberger (75),Nicolas Bénies (14), Arnaud Bevilacqua (60), Gérard Blanchet (03), Nicolas Brusadelli (80), François Calaret (93), Alexandre Calmet (34), Alain Canu (50), Christian Causse (48), Cécile Charles (69), Laurette Chesnais (44), Philippe Cotet (05), Armand Creus (69), Denis Daumas (65), Jean Michel Drevon (72), Michelle Ernis (76), Jean-Claude Farré (35), Philippe Gandin (06), Michelle Gillet-Farré (35), Pascal Langlois (76), Françoise Laroche (13), Vonick Laubreton (83), Olivier Ledouble (35), Jacques Lerichomme (13), Dominique Leseigneur (35), Marie-Hélène Loiseau (47), Claude Martin (65), Danièle Martinet (47), Lydie Porée (35), Michel Pujos (47), Cécile Silhouette (75), Francis Sitel (75), Julien Torres (34), Marie Pierre Toubhans (93), Marc Vince (44)

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