Pour une nouvelle organisation politique (J.-P. Leroux)

La journée du 23 août sur l’analyse de la situation et la constitution d’une nouvelle organisation politique est un moment important dans la démarche de rapprochement de nos différentes forces Fase, Gauche Anticapitaliste, les Alternatifs, Convergence et Alternative. Certes il est nécessaire d’avoir un débat sur la situation politique mais il semble que les données institutionnelles de cette situation n’ont pas changé depuis l’année 2007.

 

Ou plutôt la gauche de la gauche est passée de l’éparpillement extrême (présidentielle de 2007) à un processus de recomposition et d’unification. J’en veux pour indice le texte « Un si long chemin, essai provisoire de bilan politique sur la situation des élections municipales de mars 2008 » que je donne en fichier joint et qui a servi au débat dans l’association « Pour une Alternative citoyenne à Gauche, PACG (FASE). Ce que décrit ce bilan est l’amorce de recomposition et d’unification au niveau local, et c’est cela qui s’est retrouvé, avec le Front de Gauche, au niveau national lors de la présidentielle de 2012. Cependant rien sur le fond institutionnel n’a changé. C’est dans ce contexte que l’effort de constitution d’une nouvelle organisation politique prend une importance toute particulière.

            Nous vivons la fin d’un cycle politique inauguré lors de la mise en place de la démocratie représentative (Révolution anglaise, américaine et française pour fixer les idées). Une nouvelle période politique est en train de se frayer un chemin vaille que vaille : celle d’une citoyenneté active permanente. Ce mouvement n’est pas récent mais jusqu’à maintenant il n’a pas cessé d’être combattu et tenu en échec. Je mets en fichier joint un texte (De la représentation à l’autonomie)  qui amorce très schématiquement l’histoire de cette lutte et de ces échecs. En tant que nous voulons constituer une nouvelle force politique, nous nous devons de tirer les leçons de cette longue histoire pour décider si nous continuons à nous situer dans le champ de la démocratie représentative en crise ou si nous voulons amorcer la création de nouvelles possibilités démocratiques.

            Pour nous la réponse est évidente, nous voulons créer de nouvelles institutions qui ne reposent plus sur la représentation mais cherchent, dans toutes leurs formes, à créer pour toutes et pour tous, une citoyenneté permanente et active. Nous voulons sortir de la théorie et des pratiques représentatives qui sont en échec et ne parviennent pas à résoudre les immenses problèmes qui sont les nôtres.

            Bien entendu cette orientation politique de fond, que le texte de la Fase « Osons la révolution démocratique » a précisée en avril 2011 dans le contexte pré-présidentiel des élections de 2012, guide notre démarche.

            La forme historique des organisations politiques qui se nomment « partis » est une composante essentielle du système représentatif, à ce titre, mais il y en a beaucoup d’autres, (cf. notre texte : Faut-il abolir les partis politiques ?), la structure et le nom même de parti semble contreproductif pour symboliser la création d’un projet politique nouveau, pour se démarquer des “vieilles” pratiques des fractions dominantes de la classe politique oligarchique.  

            Bien entendu cela demande à toutes les composantes de ce projet un effort critique  considérable. Il ne suffit pas de vouloir mettre ensemble le meilleur de chaque tradition politique ce qui est déjà beaucoup, il faut aller au-delà et autant que faire se peut, innover dans la forme et dans le fond.

            Ainsi la critique de la « représentation » en tant que concept clef de l’ordre démocratique bourgeois n’est pas vraiment faite dans nos organisations. Or l’espace politique qui résulte de la représentation est un espace « démocratique » limité car séparé de l’ensemble des citoyens. Si nous voulons tous être des citoyennes et des citoyens actifs, il faut « créer » un espace démocratique autre qui ne soit pas exclusif mais inclusif, qui soit ouvert et non fermé. Les formes des espaces publics ont grandement variées, il nous faut inventer un nouvel espace et cela commence dans celui que va constituer notre organisation. L’histoire nous a appris que la forme que se donnent les organisations qui visent la transformation de la société a des conséquences institutionnelles sur l’organisation du pouvoir et sur les structures sociales. Il faut donc être extrêmement attentif à la forme de notre organisation. Par exemple dans les statuts de la Fase, la double appartenance est possible, voilà un dispositif institutionnel simple mais inclusif et ouvert qui symbolise le type de société d’appartenances diverses que nous désirons.

            Marx soutient que la pratique est la base de la théorie mais si l’on pratique sur la base de structures qui ont fait faillite, il n’en sortira qu’une théorie de faillite. La pratique politique à l’aide d’une forme nouvelle d’organisation peut avoir comme conséquence le renouvellement de la théorie. Il s’agit de refonder la gauche, disent à peu près tous nos textes, cela implique que nous refondions notre conception et notre pratique de l’organisation. Nous ne manquons pas d’atouts parce que nous avons, dans nos diverses trajectoires, affrontés de nombreuses impasses et si nous sommes en train de travailler à une nouvelle organisation politique c’est bien entendu pour essayer de ne pas reproduire des structures qui les engendrent.

Jean-Paul Leroux

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