Notre rapprochement s'inscrit dans un long processus (J. Dioudonnat - FASE)

logo fase 2011-2Notre rapprochement s’inscrit dans un long processus de recomposition à gauche. Sans remonter trop loin, mesurons le chemin parcouru depuis 2007. Nous étions cette année là dans un triste état. C’était l’échec de la candidature unitaire et l’élection de Nicolas Sarkozy. La FASE s’est créée après ces évènements avec la volonté de maintenir une continuité des collectifs unitaires de 2005-2006 et d’être actrice dans la recomposition des courants alternatifs.

 

Nous n’avons pas été les seuls. Ici, il y en a un certain nombre qui ont participé au projet du Nouveau Parti Anticapitaliste. Projet qui a connu une dynamique immédiate remarquable mais qui s’est vite heurté à une impasse stratégique et a abouti à l’échec que l’on connaît.

Il y a aussi eu dans cette période la création du Parti de Gauche autour de Jean-Luc Mélenchon et d’un groupe sortant du PS qui a su agréger plus large. Egalement le PCF qui s’est engagé, dans la foulée, dans la construction du Front de gauche.

La liste ne se veut pas exhaustive. Mais je veux montrer que depuis au moins 6 ans on assiste à une décomposition-recomposition à gauche. Nous sommes une gauche qui se cherche et ne s’est pas encore trouvée. Cette étape s’inscrit dans un processus assez long. Alors que dans cette même période, nous avons assisté à une droitisation de plus en plus radicale du PS.

Donc pour nous, à la FASE, la réunion d’aujourd’hui est très importante. Nous la souhaitons depuis des années.

Quels sont les enjeux ?
Le premier enjeu est de construire, jeter les bases d’un regroupement à partir des pratiques locales et dans un cadre national.
Les pratiques locales je n’y reviens pas, elles sont exprimées ce matin même.
Le cadre national doit être un signe qui permettra une accélération des pratiques locales. Sans doute des militants sont aujourd’hui « en pause » ou simplement inquiets. Ils se diront après notre rencontre « ça y est on y va » parce que quelque chose de concret se matérialise et pourra dissiper quelques craintes.

Le second enjeu, c’est le renforcement du Front de gauche. Parce que comme cela a été souligné avant moi, c’est de là que l’alternative peut naitre. Mais un Front de gauche et un regroupement de nos forces pour quoi faire ? S’agit-il d’un 3ème pôle qui viendrait rajouter au flou entretenu par la concurrence entre les 2 premiers ? Certainement pas. Le Front de gauche est une force que la dynamique de la présidentielle a consolidé : 4 millions de personnes ont voté pour Jean-Luc ! Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblés à l’appel du Front de gauche sur des enjeux tels que l’Europe en septembre dernier ou une 6ème République le 5 mai. Donc le Front de gauche est déjà une force ancrée dans la société.

Mais cette force butte sur un obstacle. Comment franchir une seconde étape et devenir une force encore plus jeune et plus nombreuse ; une force qui donne une vraie place aux individus pour sa co-construction ; une force qui deviendrait hégémonique à gauche ; une force qui incarnerait une alternative réelle à gauche.

Je veux me référer à un sondage de l’IFOP de février dernier. Il nous apprend que 26 % des français pensent que le capitalisme fonctionne mal, cela fait plus de 15 millions de personnes. Le même sondage nous apprend que 56% des français disent que le capitalisme est responsable de la crise mais qu’il n’existe pas d’autre système possible.

Voila notre responsabilité : 56 % ont compris les causes des problèmes mais ces 56% sont désorientés et pourraient finir, au travers de la politique d’Hollande, par être résignés. Nous sommes dans une situation où des attentes anticapitalistes existent mais ne prennent pas corps dans un projet collectif.

Ces enjeux nous posent la question du type d’organisation que nous voulons.
Premièrement, il faut dépasser la nature profondément délégataire des partis. Comment l’organisation politique permet de socialiser les expériences alternatives plutôt que de se situer en extériorité vis-à-vis d’elle ? Avec la mortelle division des tâches entre mouvements sociaux et partis institués.

Deuxièmement, c’est aussi la question du fonctionnement démocratique de l’organisation. Des contradictions vont naitre de nos discussions. Déjà nous en percevons. Des tensions aussi. Mais n’est-ce pas cela même la démocratie ? Dès lors, quelles règles communes pouvons-nous adopter pour garantir de ne pas tomber dans l’éternel écueil des directives venues d’en haut et qui s’appliquent à toute la pyramide ?

Troisièmement, se pose la question de la prise du pouvoir. Si derrière cette expression nous mettons simplement l’idée d’envoyer l’un d’entre nous à l’Elysée on va vite se décourager. C’est plutôt le verbe « pouvoir » qu’il nous faut apprendre à conjuguer. De plus en plus se développe le sentiment que le pouvoir sur nos propres vies nous échappe. Il s’agit donc, comme les femmes l’ont fait pour arracher le droit à l’IVG, de poser la question du passage à l’acte partout. Y compris dans les entreprises. Comment les travailleurs qui le souhaitent peuvent-ils, sans attendre la permission de ceux qui ne la donneront pas, prendre immédiatement le pouvoir dans leurs entreprises ? Nous n’avons pas toujours la réponse mais poser cette question, en proposant comme mesure d’urgence et comme horizon commun la socialisation des moyens de production, c’est déjà faire bouger le rapport de force.

Je ne peux pas être exhaustif. Il nous faudrait parler de notre organisation en Europe et dans  le monde pour être à la hauteur des attaques de nos adversaires.

Pour conclure, nous allons nous fixer en fin de journée un calendrier qui fixera nos prochaines échéances communes. Des prochaines étapes aussi importantes pour concrétiser notre rapprochement.

Des documents de référence

La FASE participe au

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