Motions de l’Assemblée générale des Communistes unitaires du 15 novembre 2008

 

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Ces motions ont principalement pour objet de présenter de manière synthétique la position des Communistes unitaires sur les enjeux de la construction de l’alternative politique et de la force politique de transformation sociale et écologique qui fait aujourd’hui défaut, sur l’échéance des élections

 

européennes de juin 2009. Elles s’inscrivent dans le contexte de la crise financière, et de ses répercutions économiques et sociales, mais aussi dans le contexte des mobilisations actuelles et annoncées face aux politiques mises en œuvre par le gouvernement Fillon - Sarkozy.

 
La période est marquée par la persistance de la recherche d’une issue politique et par l’aspiration à l’unité entre les forces et les citoyen-ne-s désireux de transformer en profondeur les rapports sociaux. Ce projet politique rencontre une actualité nouvelle, internationale, économique et politique. Pour autant, la situation en France est marquée par l’absence de perspective crédible, par la crise de la politique institutionnelle, par la crise des partis nés au 20 ème siècle. Aucune force ne peut prétendre rassembler autour d’elle toutes les énergies pour un nouveau projet politique. Il faut maintenant engager le chantier d’un nouveau projet et d’une nouvelle formation politique, pluraliste et ouverte. C’est ce à quoi les Communistes unitaires veulent contribuer.
 
 
Motion 1 La contribution des Communistes unitaires au cadre unitaire pour organiser l’alternative politique et aux Assises pour un vrai changement
 
La réunion nationale des signataires de l’Appel « L’alternative politique, organisons-là ! » initié par Politis a décidé la mise en place d’un cadre commun, pluraliste, large. Son objectif stratégique est de contribuer à la construction d’une alternative politique à vocation majoritaire, en renversant la domination du social-libéralisme sur la gauche.
 
Une mise au travail est prévue sur les différentes urgences - économiques, sociales, écologiques, démocratiques et de paix. La déclaration de principes adoptée le 11 octobre propose de solliciter « toutes les compétences au sein du mouvement syndical et associatif, comme dans le monde de la recherche et de la culture » pour « parvenir à de véritables propositions alternatives qui stimulent les résistances sociales et les mobilisations populaires, et que pourrait porter une gauche de transformation sociale et écologique dans toutes les échéances politiques à venir ».
 
Des « Assises pour un vrai changement » seront organisées début 2009. La mise en place du collectif de liaison, dont la première réunion est prévue le 23 novembre, doit permettre de dynamiser ce travail de manière cohérente. Les Communistes unitaires sont partie prenante du travail engagé.
 
Dans ce cadre, nous proposons :
- de prendre une initiative publique forte concernant les élections européennes (lire la motion 3 sur les élections européennes) ;
- d’inscrire le travail thématique en lien avec la réflexion sur ce que doit être une alternative politique : selon nous, la construction d’une visée politique, c’est-à-dire d’une autre vision, d’une autre cohérence pour faire pièce à la logique du capitalisme globalisé et aux gouvernements qui l’accompagnent, comme celui de Sarkozy, va avec la mise en mouvement et le rassemblement concret de tous ceux à laquelle elle s’adresse. Cela nécessite d’aborder et d’expérimenter de nouvelles pratiques concernant les questions clefs du rapport entre mouvement social et politique, du rapport aux institutions et à la gestion, du rôle des organisations syndicales, des associations, de la place des individus et des formes organisées de la politique… Ce travail pourrait donner lieu à des initiatives publiques décentralisées permettant d’énoncer et de mettre en débat les « fondamentaux » de la critique du libéralisme et du capitalisme, les principes et propositions essentiels de l’alternative politique ;
- de traiter explicitement les questions qui font divergence. L’intérêt d’un cadre de travail pluraliste est de permettre les confrontations et les métissages possibles, d’approfondir les réflexions sur les différences dans la perspective d’avancées. Il est temps de casser les murs et d’oeuvrer au métissage de la culture républicaine, de la culture autogestionnaire et de l’approche écologique, des expériences syndicales, de la militance associative et de l’engagement de parti, des approches sectorielles de type programmatique et de l’approche globale, en prenant pleinement en considération toutes les formes de domination, qui s’entremêlent.
 
Enfin, vient la question de la force politique de transformation sociale et écologique.
 
De nombreux participants à la réunion du 11 octobre ont exprimé leur souhait d’avancées en la matière.
 
Aucune alternative politique ne peut s’envisager sans dynamique politique pour la porter, c’est-à-dire sans que ses propositions prennent force politique, dans un rassemblement pluraliste, avec une visée explicite de société alternative et par des actions politiques de rupture avec le capitalisme, sur des propositions de transformation allant au-delà de la seule défense des acquis sociaux, et en ne se limitant pas aux échéances électorales.
 
Une question centrale pour la prochaine période est de savoir si les citoyen-ne-s désireux de s’engager en politique vont construire ensemble un espace politique commun - qui leur permettra de participer en permanence à l’élaboration des actions et aux décisions politiques -, ou si leur désir de politique sera une nouvelle fois nié par la continuation des formes anciennes d’organisation et de conception du rassemblement.
 
Une autre question centrale est de savoir si les forces existantes et celles qui aujourd’hui sont en cours de constitution - NPA, Parti de gauche lancé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez… avec lesquels nous souhaitons en débattre - mettront leurs énergies au service de la construction d’un nouveau projet et d’une nouvelle force, ou si elles considéreront qu’elles détiennent seules les clefs pour la construction d’une alternative politique crédible.
 
Pour éviter la crispation sur ce sujet crucial pour beaucoup, il est nécessaire que le débat ait lieu sans tabou et sans préalable, et au contraire en exprimant en toute transparence des positions de chacun, avec le souci constant d’une démarche permettant au sein du même espace de réunir des courants politiques et des citoyen-ne-s aux aspirations et aux investissements variés.
 
Si le cadre commun ne doit d’aucune manière être cassé par la captation par telle ou telle partie du tout, il revient au tout de permettre à ce que chacun puisse trouver sa place.
 
Il revient aux participants qui le souhaitent de dire s’ils considèrent qu’un processus en vue de la constitution d’une nouvelle force de transformation sociale et écologique doit être lancé.
 
Les Communistes unitaires vont multiplier les rencontres, à tous les niveaux, avec tous les partenaires possibles, pour en débattre.
 
Notre représentant au collectif de liaison est actuellement Bruno Bessière (Sylvie Larue, suppléante).
 
Motion 2 La participation des Communistes unitaires au lancement d’un processus de « fédération de forces et de citoyen-ne-s », contribution à la construction d’une nouvelle force politique de transformation sociale et écologique
 
Partie prenante de l’appel lancé à l’initiative de Politis, certaines forces - la Coordination nationale des collectifs, les Alternatifs, des courants issus de l’écologie radicale, les Communistes unitaires – ont commencé ces derniers mois à réfléchir sur les moyens de franchir un cap vers la constitution d’une nouvelle force politique. Des militants s’associent à cette démarche.
 
Ainsi s’est affirmée la nécessité de fédérer ces énergies, en engageant un processus pour une « fédération de forces et de citoyen-ne-s ».
 
Lors de leur congrès national tenu les 7, 8 et 9 novembre, les Alternatifs ont proposé « la constitution d’une fédération de forces politiques et de militant-e-s de la gauche alternative ».
 
La fédération est présentée comme « une perspective partielle mais indispensable pour concrétiser la convergence de militant-e-s et forces disponibles pour un pas en avant politique et organisationnel ». Les Alternatifs proposent notamment que le processus s’engage dans les semaines qui viennent par l’organisation de débats et d’actions communs et qu’une première assemblée soit organisée au premier trimestre de l’année 2009 pour « poser les bases de la fédération ».
 
La Coordination nationale des collectifs unitaires se réunira elle fin novembre pour débattre sur ces sujets.
 
D’autres partenaires semblent sur le point de participer à cette initiative. A plusieurs reprises, nous avons rencontré nos partenaires et nous avons envisagé ensemble cette démarche, en ces termes : « Il est souhaitable que les animateurs des divers courants, réseaux, organisations et les militant-e-s des combats sociaux, écologiques, féministes, altermondialistes et antiracistes discutent d’une telle démarche de construction, évolutive, largement ouverte à toutes personnes et aux forces et courants de la gauche de transformation sociale et écologique. Il s’agit que toutes celles et tous ceux qui veulent partager ces objectifs se concertent et se rassemblent localement, participent d’ores et déjà à des actions communes et tiennent des réunions communes dans les villes, département et régions, pour que ce projet commun puisse être largement débattu. Les formes de lancement et de développement d’un tel processus, ouvert et transparent, doivent être discutées et précisées par le plus possible de forces et de militant-e-s. Des contributions individuelles ou collectives devraient, dans les semaines qui viennent, permettre que la discussion soit la plus collective et la plus large possible ».
 
Par « première étape », nous entendons pour notre part réunion d’un premier cercle de forces et de citoyen-ne-s souhaitant d’ores et déjà contribuer à la création d’une nouvelle force. Nous souhaitons que le lancement de cette initiative implique le plus grand nombre d’acteurs du mouvement social et politique, du monde de la culture et de la recherche.
 
Les Communistes unitaires restent entièrement tournés vers leur objectif stratégique : réunir dans une même formation politique tous les courants de la gauche de transformation sociale et écologique, pour obtenir des percées anticapitalistes et ouvrir des perspectives concrètes de transformation. C’est dans cette logique que nous défendons l’inclusion de cette initiative au sein de la dynamique autour de l’appel de Politis, et que nous ne préjugeons pas des possibilités ultérieures et des modalités d’initiatives majeures pour la constitution d’une telle force politique.
 
La fétichisation des organisations nous paraît contradictoire avec l’objectif politique de constitution à terme de la force politique de transformation sociale qui fait défaut en France. La pluralité des approches, des analyses et des pratiques en sera une dimension identitaire. La « fédération de forces et de citoyen-ne-s » doit donc assumer son caractère expérimental, évolutif et provisoire, c’est-à-dire être prête à intensifier les liens, mais aussi à se dissoudre au profit d’un ensemble plus large si et lorsque cela sera nécessaire.
 
Nous proposons maintenant :
- de mettre en place, en collaboration avec les différents partenaires engagés peu ou prou dans la démarche, une coordination permettant d’échanger régulièrement sur cette initiative. Les formes en seront à discuter lors de la préparation d’une Assemblée des participants, qui pourrait aussi en désigner les membres (représentants des régions et des composantes politiques). Une première Assemblée générale pourrait avoir lieu début 2009,
- de mettre en place des forums et réseaux publics, espaces communs permanents de débats et d’initiatives tournés vers la création d’une nouvelle force politique de transformation et écologique. Il s’agit là, du local au national, et demain au-delà, de construire du commun, de débattre des divergences et des « questions qui fâchent » : de fédérer les énergies qui le souhaitent pour faire force politique ensemble,
- de travailler ensemble au sein des mouvements sociaux afin de construire avec les intéressés des contenus et des initiatives politiques pour des ruptures profondes avec le système capitaliste, en s’exprimant sur l’actualité,
- au-delà de l’ouverture des supports respectifs déjà existants aux sensibilités participants à la fédération, de mettre en place des outils communs pour assurer la visibilité de cette fédération,
- de décider ensemble et conduire ensemble toutes actions utiles à l’appropriation populaire du processus que nous engageons.
 
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Motion 3 - Les Communistes unitaires pour la constitution de listes unitaires de la gauche de gauche aux élections européennes
 
Avec la crise financière mondiale, et la crise économique et sociale, la rupture avec l’Europe libérale n’a jamais été aussi nécessaire.
 
La situation en France est en forte imbrication avec le mode de construction de l’Union européenne. C’est dans ce domaine que le divorce entre les aspirations sociales et démocratiques et la représentation institutionnelle est la plus forte.
 
Il est possible d’enclencher maintenant une dynamique, dans la rue et dans les urnes, pour rompre avec l’Europe libérale et réorienter la construction européenne, à partir des contenus solides élaborés lors des mobilisations des dernières années. Comme l’énonce la déclaration de principe adoptée le 11 octobre lors de la réunion nationale des signataires de l’appel lancé à l’initiative de Politis, : « (…) à huit mois des élections européennes, l’assemblée des signataires considère qu’il serait incompréhensible que les forces antilibérales, celles-là mêmes qui ont mené en commun la bataille victorieuse du référendum du 29 mai 2005, ne s’expriment pas en commun à l’occasion de cette échéance ».
 
Le Conseil national du PCF vient de lancer un appel « aux forces politiques et sociales, aux femmes et aux hommes représentatifs des courants politiques progressistes, comme du mouvement syndical, social et associatif,, dans toute leur diversité (…) » pour se rassembler à l’occasion de l’échéance de juin prochain. Et l’appel précise : « Ces convergences devraient se refléter tant dans des propositions communes audacieuses, dans des initiatives publiques, que dans la composition des listes – jusque et y compris dans le choix des têtes de listes ».
 
Jean-Luc Mélanchon et Marc Dolez se sont eux aussi prononcés pour une démarche de rassemblement de « l’autre gauche ».
 
D’autres acteurs de la gauche de gauche se sont exprimés ou débattent maintenant sur l’hypothèse de participer à une dynamique du type de celle de 2005, sous la forme d’un front des forces et des citoyen-ne-s qui voudront y participer, qui pourrait constituer l’évènement politique majeur de l’année 2009.
 
Le NPA doit débattre au cours des prochaines semaines de sa stratégie pour le scrutin de juin 2009. Certains dirigeants du NPA ont cependant fait part de leur scepticisme sur la possibilité d’une convergence électorale.
 
La position des Communistes unitaires est que la constitution de listes unitaires de la gauche de gauche constitue une priorité politique majeure, articulée du développement des luttes et à d’autres initiatives de convergence dans toute l’Europe, avec la présence de candidats issus des pays de l’Union.
 
Alors que le scrutin européen va constituer le coeur de l’agenda politique pendant huit mois, l’heure est non seulement à exprimer cette exigence le plus largement possible, mais aussi à étudier les conditions de possibilités et de réussite d’une telle dynamique politique (quels contenus, visée et propositions ? quels engagements communs ? quelle campagne commune et quelle place pour la diversité ?). Ici se joue une partie de l’avenir de la gauche de transformation sociale
 
Les Communistes unitaires proposent :
- l’organisation d’initiatives en faveur d’une telle dynamique, notamment la tenue d’un large rassemblement coorganisé du type « Une mutualité pour une autre Europe », articulant l’énonciation des lignes forces pour rompre avec l’Europe libérale et réorienter fondamentalement la construction européenne et la mobilisation pour des listes unitaires en juin 2009,
- le lancement sans tarder d’un appel, type « Appel des 200 », qui avait lancé la mobilisation face au TCE en 2005, en faveur de la constitution de telles listes.
 
Ils demandent au collectif de liaison de l’Appel Politis d’indiquer si l’espace de l’Appel est le cadre adéquat pour lancer ces initiatives et formuleront pour cela des propositions concrètes.
 
Ils participeront à la journée de mobilisation du 6 décembre, à l’initiative du collectif pour une autre Europe.
 
Motion 4 - Les Communistes unitaires se donnent les moyens pour : développer l’Association des communistes unitaires et participer à la construction de larges rassemblements (lire les motions 1, 2 et 3)
 
La période récente a été marquée par un développement de nos initiatives : création de Cerises, rencontres multiples avec de nombreux partenaires, présence et rôle au sein de l’appel de Politis, expression publique, organisation de débats locaux, réflexions sur la fédération de forces et de citoyen-ne-s… La question est maintenant de changer d’échelle en termes de moyens pour rendre ces initiatives plus visibles au grand public, donc bien au-delà des cercles militants que nous touchons aujourd’hui, et pour encourager la participation d’un nombre beaucoup plus importants de citoyen-ne-s intéressés. Il est décidé pour cela :
- la création de pôles de travail, par exemple : « moyens financiers », « organisation interne », « intervention dans l’actualité », « rencontres des partenaires », « initiatives politiques », « implantation locale (avec des corresponds régionaux) », incluant la déconcentration des initiatives. Deux responsables pour chacun des pôles pourraient être missionnés (sauf pour le pôle « implantation locale », qui impliquera des responsables par région). L’ensemble des responsables rendront compte et assureront la transparence de leurs initiatives,
- l’instauration d’une grille de cotisations proportionnelles aux revenus et l’élaboration d’un règlement financier intérieur (incluant les questions d’articulation entre national et local),
- la création d’une association de financement, incluant dans son objet l’objectif de création d’une force politique de transformation sociale et écologique au sein duquel prendrait place une sensibilité communiste,
- la confirmation du rôle de Cerises, disposant à la fois d’une autonomie éditoriale comme aujourd’hui et d’un lien étroit avec l’association. Le Collectif d’animation est chargé de la mise en oeuvre de ces décisions et de poursuivre la réflexion sur l’ensemble des questions d’animation et d’organisation de l’association (y compris la question des porte-paroles). A l’issue de l’Assemblée générale du 15 novembre, le collectif d’animation [1] des Communistes unitaires est composé de : Gilles Alfonsi, François Asensi, Xavier Aubert, Michel Auslender, Bruno Bessière, Luc Bourduge, Jean-Marie Bourgoin Jean Brafman, Patrick Braouezec, Bernard Calabuig, Christophe Cavard, Lionel Chassaing, Daniel Dalbera, Chantal Delmas, Catherine Destom- Bottin, Frédéric Dutoit, Bernard Floris, Pierre Goldberg, Moustapha Gueye, Michèle Kiintz, Pierre Laporte, Sylvie Larue, Olivier Madaule, Roger Martelli, René Moustard, André Pacco, Dominique Pierronnet, David Proult, Daniel Rome, Jacqueline Rouillon, Guy Stoll, Nadine Stoll, Catherine Tricot, Sylvie Tricot, Pierre Zarka. .
 
 
[1] Le Collectif d’animation des Communistes unitaires a pour mission de développer les initiatives des communistes unitaires pour l’élaboration avec tous ceux qu’il concerne d’un projet de transformation sociale et la construction d’une nouvelle force politique. Il s’agit notamment de favoriser la circulation de l’information entre tous, en recherchant le plus large consensus sur toutes les prises de positions, d’assurer la participation active des communistes unitaires dans les lieux d’initiatives politiques et de délibérations collectives, de mutualiser les expériences et d’élargir la participation à l’espace des communistes unitaires
 

 

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