Intervention P. Zarka lors de la réunion des militant-e-s de la Fédération le 07/02/09.

Je voudrais insister sur la nécessité de ne pas sous-estimer l'ampleur et la profondeur des chantiers à ouvrir, ce qui me renvoie à la fin du commentaire de Jean-Pierre Lemaire [intro de la plénière].

 


Je voudrais insister sur la nécessité de ne pas sous-estimer l'ampleur et la profondeur des chantiers à ouvrir, ce qui me renvoie à la fin du commentaire de Jean-Pierre Lemaire [intro de la plénière].


Régulièrement à chaque réunion nous faisons le constat de l'absence des jeunes ; depuis le temps, ils ont tendance à approcher les quarante années et ne sont pas plus présents pour autant. Il ne s'agit donc pas d'une question de jeunes mais de génération. Partons du principe que ce n'est pas le fait d'un accident mais d'un fossé d'ordre culturel.

Lorsque nous disons que la pensée de gauche est en crise, nous devons lucidement avoir à l'esprit que cela englobe notre propre pensée. Nous  n'échappons pas à cette crise. Foucault que je n'ai pas l'habitude de citer dit que les dominés copient les dominants jusque dans leurs révoltes. C'est en cela qu'il me paraît nécessaire de repenser notre culture politique et cela non pas dans un avenir lointain mais comme une exigence immédiate. C'est en y travaillant que nous pourrons mieux définir les objectifs et les contours que nous devons nous fixer ainsi que les modes d'organisation.

Rapidement comme le temps m'est compté quelques exemples.

J'ai fait partie de feu le CIUN, et pour dégager quelle pouvait être la candidature à la Présidentielle, nous avons accepté le principe des votes majoritaires comme conception de la démocratie plutôt que de partir de ce qui ne pouvait pas être assumé pour pouvoir rester ensemble. De fait, nous avons réintroduit parmi nous le centralisme démocratique ; conception reproduite y compris après le départ du PC. De même je crains qu'encore nous soyons tentés par la reproduction de comportements et des conceptions d'avant-garde au détriment de la capacité à considérer les mouvements sociaux comme producteurs de politique, ce que Claire [Villiers] exposait hier soir.

Seconde série d'exemples : je me trompe peut-être, mais personnellement je ne suis pas sûr que les notions de programme ou de leader charismatique ne nourrissent pas des comportements délégataires antinomiques avec une démarche qui cherche à favoriser l'accès aux dimensions politiques à partir de chaque situation. Là encore, je n'ai pas le temps de démontrer mais je pense qu'en travaillant davantage pour dégager de nouveaux rapports mouvements populaires/ pouvoirs institutionnels, le moyen de penser ce que j'appellerai des majorités non plus fondés sur des accords profonds mais des majorités traversées par les débats et mouvements donc conflictuelles. Là encore cela mérite que l'on y travaille autrement qu'à coups de 3 minutes qui nous cantonnent dans l'espace de spots publicitaires.

Dernière dimension : avons-nous suffisamment dégagé où sont les ruptures avec le capitalisme ? Encore un exemple : Renault décide du chômage
technique. La CGT réclame à juste titre l'indemnisation des journées chômées à 100%. Mais tout en pensant cette revendication nécessaire pour
les salariés, posée en dehors de toute autre appréciation, je crains qu'implicitement elle n'induise l'acceptation du principe du chômage technique comme inévitable et l'acceptation du pouvoir absolu patronal.


De même je pense que l'idée de « répartition équitable des richesses » que nous utilisons tous, ne conduit ni à la propriété ni au pouvoir et ne sois pas récupérable par le plan de relance du PS.

Voilà pourquoi je pense urgent d'ouvrir publiquement de vrais chantiers.

 

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