Introduction au débat de la Réunion du 7 sur les européennes par Sylvie Larue

Avec le collectif Politis de Rennes nous avons fait deux expériences de débat public.

 

Avec le collectif Politis de Rennes nous avons fait deux expériences de débat public.

Le 1er, fin novembre sur le thème de la crise, crise financière ou crise du capitalisme, avec Michel Husson. Le 2eme pas plus tard que mardi sur le thème de l'unité, unité dans les luttes et unité dans les urnes de la gauche de transformation sociale avec Roger Martelli

Nous avons diffusé à peu près autant de tracts, fait la même info par internet, nous avons à chaque fois profité des manifs, celle du 29 janvier notamment pour distribuer de nombreux tracts.

Le 1er débat 120 participants, le 2eme tout juste 40. Et je ne crois pas qu'il s'agisse d'une question de casting !

Nous serions naïfs de penser que l'unité de la gauche de transformation sociale est perçue comme la solution politique aux questions que se posent les gens, soit parce qu'ils n'y croient pas soit parce que ça ne fait pas partie de leurs préoccupations. Ne sous-estimons pas le besoin de construire les réponses politiques en terme d'alternative au système capitaliste. Les gens sentent bien que le système est en crise, que les mesures prises par le gouvernement et l'UE ne permettent pas d'inverser le processus, que la crise s'approfondit avec de lourdes conséquences pour les salariés.

Ils se mobilisent, notamment lors de la journée d'action du 29 janvier, ou bien soutiennent très majoritairement cette mobilisation. Mais pour autant, la difficulté réside à trouver les points de rupture concrets pour dépasser le capitalisme.

Si chacun perçoit que les solutions se construisent en France mais aussi en Europe et dans le monde, c'est sur l'Europe que la rupture est la plus profonde entre le mouvement social et les pouvoirs institutionnels, rupture creusée par la suite donnée au Non de 2005. Cela nourrit un sentiment d'impuissance. Dans le même temps et sans en faire l'alpha et l'oméga des processus de transformation de la société, les élections restent un moment où se structurent les opinions politiques.

Que ce soit au sujet de la crise financière, économique et sociale, ou au sujet de la guerre menée par l'état d'Israël à Gaza, chacun voit bien que l'UE n'agit pas de manière conséquente. Or nous avons besoin d'une voix européenne coordonnée qui porte une orientation en rupture avec les logiques libérales.

Rompre avec la construction actuelle de l'UE, c'est :

Renoncer au principe de concurrence libre et non faussée pour promouvoir une logique de coopération et de solidarité

v Stopper les processus de libéralisation

v Développer l'appropriation sociale et les complémentarités entre services publics

v Opposer la logique des biens communs à celles de la marchandisation

Elaborer une Charte des droits fondamentaux contraignante qui permette d'harmoniser par le haut les normes juridiques et sociales

Construire une Europe démocratique qui permette aux citoyens et aux peuples de prendre les décisions qui les engagent

v Redéfinir les pouvoirs du Parlement Européen, et des Parlements nationaux

v Soumettre à référendum les nouveaux traités

v Permettre des initiatives populaires de projet de loi européen

v Instaurer un contrôle démocratique de la BCE

Promouvoir en Europe un nouveau modèle de développement humain écologiquement soutenable qui tourne le dos aux logiques spéculatives et productivistes, qui agisse pour une paix juste et durable en Palestine et partout dans le monde, et pour de nouvelles coopérations entre le Nord et le Sud.

Et pour changer de fond en comble les orientations de l'actuelle UE, il faut un processus populaire constituant.

Dans la campagne du Non au TCUE, dans celle contre le Traité de Lisbonne copie quasi conforme du premier ou au collectif pour une autre Europe, toutes ces propositions ont été mises en commun dans des espaces qui ont permis d'associer des forces associatives, syndicales, politiques ou citoyennes à leur élaboration. Des forces qui ne renoncent pas à transformer l'Europe.

Rien ne justifie que ces mêmes forces ne puissent s'engager ensemble dans la prochaine campagne des européennes. Si ce n'était pas le cas elles prendraient le risque que seuls soient élus des députés qui ont défendu le TCUE et qui défendent le traité de Lisbonne au mépris des peuples qui les ont rejetés par voie référendaire.

Avec 8 grandes circonscriptions électorales, et l'obligation d'avoir au moins 8% pour avoir un représentant élu, la gauche anti-libérale a le devoir de se rassembler pour transformer le Non de gauche en projet politique pour une Europe sociale, solidaire et écologique. Alors qu'au sein du PS et du PSE dominent les forces favorables au Traité de Lisbonne, nous avons besoin d'élus au Parlement Européen qui portent une orientation en rupture avec le libéralisme.

Depuis la rencontre du 11 octobre à Gennevilliers, première initiative forte de rencontre nationale des anti-libéraux après l'échec de la présidentielle, qui avait témoigné d'attentes fortes à l'égard du rassemblement de la gauche de transformation sociale jusqu'à l'expression du besoin de lancer un processus de création d'une nouvelle force politique, bien des évolutions ont eu lieu.

Je ne ferai pas un historique de tout ce qui s'est passé. Je rappellerai juste qu'à l'occasion du lancement de la Fédération le 17 décembre, il était proposé de s'engager pour des listes unitaires de toutes les forces qui veulent une autre Europe.

Nous disions : « Pour faire entendre une autre volonté politique au parlement européen, nous renouvelons donc un appel à la constitution de listes de large union des partisans d'une Europe sociale, démocratique et écologique, en rupture avec la domination des marchés financiers et la mondialisation libérale. Nous proposons cet engagement en premier lieu à toutes les forces de gauche qui ont dit non au TCUE en 2005 et qui ont refusé la ratification anti-démocratique du Trait de Lisbonne en 2008 ».

Où en sommes nous aujourd'hui ?

Dans un contexte social nouveau. Phase de convergence des luttes sociales qui réactive le besoin de réponses politiques à gauche : texte unitaire des organisations de gauche en soutien à la journée d'action du 29 janvier, son prolongement par un nouveau texte incluant le PS et LO (nous excluant...)

La campagne des européennes ne peut qu'être marquée par ce contexte et par les suites qui seront données au 29 janvier.Se rappeler dans la campagne du Non de son accélération au moment des mobilisations en lien avec le refus de la directive Bolkestein.

Lier front politique de soutien aux luttes et front de gauche pour les européennes.

Le PCF et le Parti de Gauche ont lancé ensemble un Front de gauche pour changer l'Europe en appelant l'ensemble des groupes et forces politiques de gauche susceptibles de participer à ce front à y prendre leur place. D'abord donnant plutôt à voir un duo, le front de gauche prend localement des formes beaucoup plus ouvertes : le meeting de Montpellier jeudi soir, avec le Pcf, le PG, Politis, le M'Pep, les Alternatifs, les Cuals, le Mrc...a été préparé par une première réunion publique en décembre co-organisée par de nombreux partenaires. Cette initiative est amenée à se prolonger dans le département par de nombreuses rencontres locales.

A son congrès fondateur, le Parti de Gauche a lancé un appel : Tous ensemble dans un front de gauche pour changer l'Europe. L'appel parle d'un front social et d'un front politique pour battre la droite dans la rue et dans les urnes, liant indissociablement luttes sociales et politique. Il parle aussi d'un front permanent face à la droite Cet appel est sans ambiguïté pour lever les obstacles à la participation du NPA à ce front de gauche.

D'autre part dans le texte de Congrès sur l'Europe : on peut lire

« Pour s'inspirer de la dynamique victorieuse de 2005, il faut combiner une double dimension : un accord national entre les différentes forces politiques sur un programme et sur une stratégie, et des structures de mobilisation et de soutien permettant l'engagement de dizaines de milliers de militants syndicalistes , associatifs, citoyens »

Ce sont des points d'appui pour la construction du front de gauche associant forces constituées et participation citoyenne, même si nous pensons que l'engagement citoyen ne se résume pas à des bataillons de diffuseurs de tracts et de participants aux meetings. Cet engagement citoyen ne pourra prendre forme que s'il y a possibilité de s'impliquer à tous les niveaux de décisions (programme, listes, campagne...).

La création du Parti de Gauche fait bouger les lignes au sein de la gauche de gauche. Bien sur on aurait souhaité construire ensemble tout de suite la nouvelle force politique incluant toutes les sensibilités et cultures qui l'irriguent. Dans ce contexte les différentes composantes de la fédération s'interrogent et laissent ouverte la possibilité de prendre part au front de gauche. En faisant appel aussi à toutes celles et ceux qui engagés dans la campagne de Cohn Bendit tourne le dos à un vrai changement en Europe.

Le PCF a appelé dés le 24 octobre dernier (c'est de bonne guerre de revendiquer la primauté du mouvement...mais malheureusement pour le Pcf, c'est le PG qui médiatiquement est aux premières lignes et le débat c'est entre le PG et le NPA...) les forces politique et sociales, les femmes et les hommes représentatifs des courants politiques progressistes, comme du mouvement syndical social et associatif dans toute leur diversité à constituer un front de gauche pour changer l'Europe.

Sur le papier ça le fait ! Mais le Pcf continue d'agir de manière ambiguë. Il n'a jusqu'alors pris aucune initiative pour associer toutes ces femmes et tous ces hommes. Il prépare des meetings en duo avec le PG et avance avant de réaliser l'élargissement en lançant au NPA un vibrant appel à l'unité...

Reste le NPA qui pour une part va prendre sa décision ce week-end. Le débat est pour le moins plus contradictoire que ne le laissent paraître les interventions médiatiques d'Olivier Besancenot. Vraisemblablement la porte restera entre-ouverte.

Sondage qui donne 14.5% à une liste regroupant PCF PG NPA LO est intéressant.

Quelles sont les conditions posées par OB ?

Un front de gauche permanent : nous disons chiche !

Aller aux régionales ensemble : chiche !

Refuser une alliance PCF PG NPA sous prétexte que cela n'empêchera pas le PCF de faire alliance avec le PS aux régionales est le meilleur moyen pour que cette alliance se réalise.

Rappel sur les alliances du Pcf aux régionales : plus complexe que ce que dit OB, à géométrie variable suivant les régions (IDF avec Alternative Citoyenne)

Faisons l'expérience .

Si nous ne le faisons pas aux européennes, cela repoussera aux calendres grecques l'unité des la gauche de transformation sociale, continuera de laisser le social libéralisme donner le ton à gauche, permettra au PS de rafler la mise ou bien encore laissera la droite majoritaire dans le pays.

Personne ne peut prédire ce qui va se passer aux régionales, par contre on peut agir tout de suite pour construire un front de gauche durable.

Des camarades parlent des intentions peu louables des directions des organisations politiques. Personne n'est naïf. Mais ce qui compte pour nous, ce ne sont pas les directions de telle ou telle organisation, c'est le mouvement que crée l'unité. L'unité politique crée de la dynamique citoyenne : c'est l'expérience que nous avons faite lors de la campagne du référendum, et cette dynamique a largement débordé le cadre des organisations engagées pour le Non de gauche.

Que faire ?

Sommes nous dans le tout ou rien ? Nous sommes lucides sur le risque de renforcement du bipartisme et de sanction gouvernementale par le vote NPA

Nous proposons de prolonger notre action pour tenter jusqu'au bout de gagner l'unité avec le NPA, de poursuivre les rencontres à tous les niveaux, les dialogues pour mettre en place des cadres unitaires permettant un engagement citoyen à tous les niveaux.

Enfin il faudra trancher sur le positionnement final de la Fédération

Dans les prochaines semaines les composantes de la fédération vont décider, les collectifs locaux vont émettre des avis. Il s'agira de faire le bilan et à partir des avis des collectifs locaux et des composantes, faire un choix partagé.

 

Des documents de référence

La FASE participe au

front de gauche


Des tracts d'actualité

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