Articles

Conseil National de Gauche Unitaire : Résolution sur la situation politique

Avec la victoire de la gauche à la présidentielle et aux législatives une page se tourne enfin. Pendant cinq ans Nicolas Sarkozy et la droite n’ont eu de cesse de détricoter avec brutalité les acquis sociaux issus de la Libération et des luttes des salariés, d’affaiblir la démocratie, de fragmenter avec acharnement la société française. Le quinquennat qui vient de s’écouler a été marqué par la pénétration offensive de la contre-révolution néo-conservatrice que les élites dirigeantes réclamaient pour soumettre la société française aux exigences du capitalisme mondialisé. Le nombre des réformes structurelles mises en œuvre a été considérable. C’est cette politique qui a été rejetée massivement par le monde du travail et la jeunesse.

Les tentatives de la droite de diviser les classes populaires, en reprenant à son compte les thèmes de l’extrême droite, en soufflant sur les braises du racisme et de la stigmatisation de secteurs entiers de la population, ont été au final déjouées, mais elles laisseront des traces profondes dans le pays. Elles annoncent une possible recomposition de la droite, voyant l’affirmation d’un parti de droite extrême et autoritaire alliant le Front National et des secteurs actuels de l’UMP.

L’austérité à laquelle les classes possédantes du continent européen entendent condamner les peuples a été sanctionnée par le vote des français. Mais la crise s’amplifie dans une Union européenne menacée d’éclatement. Les gouvernements libéraux s’engagent dans une véritable fuite en avant austéritaire accentuant les politiques économiques actuelles. Celle-ci est basée sur l’idée que la compétitivité doit être rétablie sans « décourager » les actionnaires, donc en faisant pression sur la masse salariale, et  qu’il faut résorber le déficit budgétaire sans augmentation des recettes, donc par réduction des dépenses sociales et de services publics. En un mot, une politique économique qui vise à faire payer la crise aux peuples et qui risque d’entraîner l’Union européenne dans une récession généralisée.

C’est ainsi dans un contexte lourd de menaces que s’inscrit la victoire de la gauche et qu’il revient au Front de Gauche de formuler une orientation à même de faire face aux enjeux de cette période tourmentée.

Après la présidentielle et les législatives, un paysage politique bouleversé

Une large victoire de la gauche et un renforcement de l’hégémonie du Parti socialiste

L’élément essentiel dans la victoire de la gauche à la présidentielle réside dans la volonté du peuple de se débarrasser de Nicolas Sarkozy et de sa politique. Reste qu’au-delà de ses 60 engagements se situant dans le cadre d’une « rigueur juste » et de l’impératif de la réduction des déficits publics, François Hollande a été obligé de faire jouer la corde de l’égalité et de la République, et même de désigner comme adversaire le monde de la finance. Ainsi la gauche a obtenu au premier tour de l’élection présidentielle un résultat historique.

Aux législatives, la logique du quinquennat, la présidentialisation accrue qui l’accompagne, l’inversion du calendrier électoral et le mode de scrutin ont joué a plein pour amplifier le résultat de la présidentielle aggravant encore le bipartisme, dépolitisant cette élection en la résumant au fait de donner une majorité au Président de la République, favorisant l’abstention et renforçant la domination du Parti socialiste sur la gauche.

Europe Ecologie les Verts, malgré un résultat très faible à la présidentielle, bénéficie d’un nombre de députés conséquent du fait de l’accord de gouvernement signé avec le PS et du volet électoral qui était son corollaire. Cette progression institutionnelle, dans ces conditions, se fait au détriment de la capacité des écologistes déjà très affaiblis du point de vue militant à faire entendre leur voix et à peser sur les choix fondamentaux du gouvernement auquel ils participent.

Désormais, le PS détient l’essentiel des pouvoirs. Il dispose de la très grande majorité des régions, des départements, des grandes villes, du Sénat, de l’Assemblée nationale et de la Présidence de la république. De ce point de vue, jamais la situation n’a été aussi favorable au PS pour peu qu’il soit déterminé à mettre en œuvre une politique au service du plus grand nombre. Tout dépendra maintenant  de la capacité du Front de Gauche à faire bouger les lignes à gauche, et surtout de celle du mouvement social et du peuple à se mobiliser pour faire prévaloir une orientation ambitieuse pour faire face aux enjeux.

Pour le Front de Gauche un vrai succès à la présidentielle et un paradoxe aux législatives

Avec près de 4 millions de voix, 11% des suffrages et une mobilisation exceptionnelle lors de toutes nos initiatives, la campagne présidentielle du Front de Gauche et de notre candidat  Jean-Luc Mélenchon a été un indéniable succès. On ne dira jamais assez à quel point le fait d’avoir réussi à rassembler une gauche combative et décomplexée, assumant la confrontation avec les classes dirigeantes et  portant un projet de société plaçant au centre « L’Humain d’abord », lors de cette élection qui représente un véritable piège, est un pas en avant majeur par rapport à la situation d’émiettement qui prévalait jusqu’alors dans cette partie de la gauche. Au-delà de l’adhésion au programme que portait le Front de Gauche, c’est son projet de refondation de la gauche autour d’une nouvelle politique qui a été validé en grand même, si en fin de campagne nous nous sommes laissés détourner de la  priorité de faire entendre qu’une autre politique est possible à gauche.

C’est dorénavant sur cette force qui a été accumulée et que n’annule pas le résultat des législatives, même s’il complique la donne, que nous devons nous appuyer pour faire avancer cette perspective.

Au législatives, le Front de Gauche a pâtit de son incapacité à faire entendre au niveau national son message politique. Il est vrai que l’attention des médias s’est concentrée sur l’affrontement qui opposait Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen à Henin-Beaumont, effaçant notre campagne énergique centrée sur les questions sociales et démocratiques, et résumant notre politique à une « bataille Front contre Front » qui n’était pas perçue comme l’enjeu essentiel de ces élections par le peuple de gauche y compris par notre propre électorat.

Surtout nous ne nous sommes pas donné les moyens d’une campagne nationale en appui à nos candidats. A l’inverse du PS qui, lui, a fait campagne autour du thème « donner une majorité au changement », encore plus redoutable que l’antienne sur le vote utile dans un contexte où cette élection n’apparaissait que comme le prolongement de la présidentielle. Contre balancer ce mouvement profond n’était pas chose aisée, mais le Front de Gauche n’a pas été en mesure de faire entendre son message autour de l’idée : maintenant que la droite est battue, quel contenu la gauche doit-elle donner au changement ?

Nous n’avons pas été identifiés à une perspective de pouvoir crédible. Même si nous avons proclamé que le Front de gauche avait vocation à gouverner, qu’il voulait pour la France une majorité et un gouvernement déterminés à affronter les actionnaires et les banquiers, qu’il cherchait à unir la gauche sur un programme de rupture, nous ne sommes pas parvenus  à arracher un vote de conviction sur notre « utilité », afin de changer la donne au sein d’une gauche devenue majoritaire le 6 mai…

Au final, malgré des résultats en très nette augmentation, que ce soit en pourcentage (près de 7%), en nombre de voix (près de 600 000 voix supplémentaires) par rapport à ceux du seul PCF en 2007, cette poussée fut insuffisante pour résister à celle du PS, et le Front de Gauche ne dispose plus que de dix députés.

A droite et à l’extrême droite une porosité inquiétante

L’éviction de Nicolas Sarkozy ne laisse pas seulement l’UMP orpheline d’un leader et d’une orientation à même d’unifier les classes possédantes, elle ouvre la voie à une recomposition qui s’opérera nécessairement dans la douleur. Le quinquennat a été marqué par une succession de polémiques et de provocations sur l’identité nationale, sur « l’Islam et la laïcité », en passant par le discours de Dakar et la supposée inégalité des civilisations, ou encore les pratiques des religions minoritaires, la confrontation avec les « corps intermédiaires » qui empêcheraient la volonté réelle du peuple de se manifester, les charges répétées contre les « assistés », les immigrés ou les fonctionnaires, tous coupables à un degré ou à un autre de la situation dégradée du pays. Un tel climat a objectivement favorisé le Front national et le passage d’une partie de l’électorat de droite que l’on a ainsi radicalisé au vote pour ce dernier.

Maintenant, deux options s’affrontent à droite. L’une qui considère que la défaite a été favorisée par la droitisation du discours et des actes, l’autre qui estime que c’est justement cette politique agressive qui explique que la victoire de la gauche à la présidentielle n’ait pas pris une ampleur encore plus importante.

Le bilan de cette politique c’est qu’une majorité de l’électorat d’une UMP fragilisée qui s’interroge sur ses « valeurs » se prononce dorénavant en faveur d’une politique d’alliance avec le parti de Marine Le Pen. Un Front national qui fait son meilleur résultat depuis 1997 aux élections législatives et qui parvient à faire élire deux députés, signifiant ainsi sa capacité croissante à surmonter les obstacles que constitue pour lui le mode de scrutin majoritaire. Et une digue « républicaine », qui étaient censée lui interdire de proposer une perspective de pouvoir crédible, bien fissurée, ce qui l’autorise à travailler à la recomposition d’une partie non négligeable de la droite autour des ses thématiques.

Changer la donne à gauche et dans le pays

Renforcer le Front de Gauche

Pour être en mesure d’affronter les rendez-vous décisifs qui s’annoncent, le Front de gauche doit se donner les moyens d’étendre son influence, de s’adresser aux classes populaires, de leur redonner confiance, de les aider à retrouver le chemin de la mobilisation. Pour cela, il doit encore se renforcer, il doit partir de l’enthousiasme qu’il a suscité dans une partie de la gauche, du monde du travail, du mouvement social et de la jeunesse lors de l’élection présidentielle et de l’implication militante qui s’est poursuivie au cours de la campagne législative. Toutes celles et tous ceux, courants ou individus, qui veulent ouvrir le chemin d’un nouvel avenir pour la gauche dans son ensemble, ont leur place dans le Front de gauche.

Le Front de Gauche doit répondre aux femmes et aux hommes qui ne sont pas membres d’une des organisations politiques le composant, qui se sont tournés vers lui et qui veulent en être partie prenante à part entière. Gauche Unitaire est favorable aux adhésions directes au Front de gauche. L’essentiel étant de trouver les moyens et les formes de structuration qui permettant de les associer de manière durable aux activités du Front de Gauche, aux campagnes qu’il impulsera et à son développement. Dans cet objectif, les Assemblées citoyennes, les Fronts thématiques, le Front des luttes, les collectifs départementaux et locaux sont autant d’outils précieux à notre disposition qu’il faut faire vivre et ouvrir encore davantage.

Avec le Conseil National de Campagne et la Coordination hebdomadaire, le Front de Gauche s’est doté d’instances régulières qui lui permettent d’avoir un fonctionnement intégré et pluraliste permettant la mise en commun, le débat, l’efficacité dans l’action et le respect de la souveraineté des organisations. Cet acquis doit être préservé et consolidé.

Enfin le Front de Gauche doit se vivre comme la force qu’il est devenu dans les faits et au yeux de l’immense majorité de la population, ce qui implique qu’il se pense comme un acteur à part entière de la vie sociale et politique en dehors des périodes de campagnes électorales, et qu’il se dote d’une orientation lui permettant d’appréhender collectivement la nouvelle donne politique afin d’y intervenir de manière efficace.

Porter une orientation offensive pour toute la gauche en défendant des choix alternatifs à l’austérité.

Plus que jamais, il convient pour le Front de Gauche de situer son combat au cœur de la gauche pour y faire bouger les lignes et appuyer sur les contradictions à l’œuvre afin d’y faire progresser une orientation de rupture avec les politiques libérales et social-libérales. Une orientation qui soit au service du plus grand nombre, c’est-à-dire résolument tournée contre les banques et la finance.

Très vite les échéances qui vont se présenter rouvriront, au sein même de chacune des composantes de la gauche, jusqu’à celles qui forment aujourd’hui le gouvernement Ayrault, des débats fondamentaux. Le risque de l’entrée dans un processus similaire à ceux qui ont broyé les partis socialistes de Grèce ou d’Espagne, la désaffection populaire qui peut très vite frapper les partis de la «majorité présidentielle», et au-delà toute la gauche, sont de nature à cristalliser des résistances et des remises en cause de l’équilibre impossible entre justice et austérité, sur lequel François Hollande a construit sa démarche. D’autant que la victoire n’aurait sans doute pas été possible si le candidat socialiste n’avait, au cours même de sa campagne, infléchi son discours pour promettre de s’opposer à la finance, de rétablir le principe d’égalité et de renégocier le traité « Merkozy »…  C’est à ce moment de vérité que le Front de gauche doit se préparer.

Le Front de gauche est partie prenante de la majorité populaire qui a chassé Sarkozy et la droite, qui a permis les victoires de la gauche à la présidentielle et aux législatives, auxquelles il a amplement contribué, mais il ne se retrouve pas dans une majorité présidentielle formée autour des 60 engagements du projet de François Hollande dont nous considérons qu’ils ne constituent pas une réponse à la hauteur de la crise que connaît notre pays et l’Union européenne.

Il n’y a pas d’entre-deux possible entre l’affrontement avec les marchés financiers et la soumission à ces derniers. Il est illusoire de penser qu’il serait envisageable de gérer une situation aussi explosive à moindres frais et qu’il suffirait de quelques concessions et de beaucoup de modération pour calmer la voracité de ceux qui sont bien décidés à faire payer la crise aux peuples. Entre l’austérité et la priorité aux besoins sociaux, il n’y a pas de voie médiane. L’heure des choix décisifs approche. Si les premières mesures prises immédiatement après l’élection présidentielle par le nouveau gouvernement allaient dans un sens positif bien que timide (augmentation de l’allocation de rentrée scolaire, abrogation de la circulaire Guéant concernant les étudiants étrangers, mesures sur les retraites pour les longues carrières…), les dernières en date et les conclusions du sommet européen des 28/29 juin ne symbolisent pas le changement attendu et sont très en deçà des attentes du peuple de gauche. Elles s’orientent en effet dans une direction qui, si elle devait se systématiser, mènerait  à la catastrophe : augmentation dérisoire du Smic, gel des dépenses publiques,  poursuite de l’essentiel de la politique contre les sans-papiers, et surtout mise au rancart de la promesse de renégociation du Traité européen concocté par Sarkozy et Merkel qui impose l’austérité aux Etats comme seule politique possible et dont le volet additionnel et non contraignant sur la croissance n’est pas en mesure de remettre en cause la logique d’ensemble du Traité.

Pour que la gauche réussisse, elle doit oser s’appuyer sur le peuple pour affronter les privilèges de l’oligarchie financière. Sa première tâche est donc de combattre la résignation et le repli sur soi. Rien ne sera possible sans le peuple. Pour trouver une issue à la crise, il n’y a pas d’autre moyen, pour les travailleurs et les jeunes, que de se rassembler et de s’organiser pour la défense de leurs intérêts. Le développement de mobilisations sociales d’ampleur, convergentes, sera nécessaire pour faire reculer les libéraux et le patronat qui veulent détruire tous les droits sociaux. « Place au peuple ! » : cette exigence est plus que jamais d’actualité. C’est la démarche à laquelle le Front de Gauche veut contribuer et qu’il entend promouvoir dans la gauche en poursuivant la dynamique qu’il a impulsée.

Pour que la gauche réussisse, elle doit rompre avec les dogmes de la lutte contre les déficits publics, laquelle asphyxie les services publics, de la course à la compétitivité, qui réduit le travail à une variable d’ajustement, et du productivisme, qui soumet la nature à la dictature du profit. Accepter cette logique conduit à l’impuissance, à la soumission au libéralisme et aggrave les conséquences de la crise du capitalisme. Il faut au contraire donner la priorité aux besoins sociaux et environnementaux. Les richesses existent aujourd’hui pour construire une société qui réponde aux aspirations fondamentales des classes populaires et permette de faire face à la crise écologique. C’est le programme « l’Humain d’abord » dont le Front de Gauche est porteur, qu’il juge nécessaire pour trouver une véritable issue à la crise.

Une nouvelle expérience décevante de la gauche au gouvernement signifierait, outre le retour d’une droite revancharde et radicalisée avec d’une manière ou d’une autre le Front national dans ses bagages, une violence accrue du patronat et de la finance contre le monde du travail et les classes populaires et une déstabilisation profonde de la société et de la gauche dans son ensemble. Nous ne voulons pas assister en spectateurs à un tel naufrage car nous savons que l’on ne construira rien sur les ruines de la gauche. C’est parce que comme tant d’autres, Gauche Unitaire refuse un tel scénario catastrophe qu’elle affirme qu’une autre orientation est possible pour la gauche.

Dans la période qui s’ouvre, les choix alternatifs essentiels pour la gauche vont se trouver concentrés sur les quelques points saillants qui marquent ce que devrait être la politique de la gauche au pouvoir pour faire face à la confrontation avec les gouvernements libéraux de l’Union européenne et avec les marchés financiers.

Nous proposons que le Front de Gauche interpelle toute la gauche, le mouvement social, le pays pour faire une « proposition pour une politique d’urgence » articulée autour des quelques mesures clés qui dans la situation permettraient de desserrer l’étau, d’entraîner le peuple en résistance et de gagner de nouvelles conquêtes sociales. Ce faisant, le Front de Gauche travaillera à construire les rassemblements majoritaires dans le mouvement social et au sein de toute la gauche, grâce auxquels un vrai changement deviendra réalité. Il s’efforcera de créer ainsi les conditions d’une majorité et d’un gouvernement qui répondent aux attentes populaires.

Au cœur de cette bataille politique, le Front de Gauche doit impulser de grandes campagnes nationales sur ces éléments de programme et populariser ses propositions de lois sur ces points en veillant à chaque fois à chercher et favoriser l’implication populaire la plus large.

Conquérir les moyens d’un véritable changement exige de :

- Refuser la politique d’austérité à l’échelle européenne, imposer la renégociation générale des traités qui ont conduit l’Europe à l’impasse actuelle et remettre sur le tapis la question du statut et des missions de la Banque centrale européenne. Rien de bon ne peut sortir d’un carcan qui limite drastiquement la dépense publique, en généralisant la « règle d’or », en sanctionnant les gouvernements qui ne s’y plient pas. Il faut redonner la parole aux peuples ! Cela suppose de soumettre le projet de nouveau Traité européen à un référendum. C’est le seul moyen pour créer un rapport de force suffisant face aux autres gouvernements européens pro libéraux et impulser une dynamique positive qui permette de poser les bases d’une autre Europe, au service des peuples.

- Se libérer du joug de la finance et imposer une autre répartition des richesses : réalisation d’un audit citoyen de la dette publique, création d’un pôle public bancaire par la nationalisation et l’appropriation sociale des principales banques, mise en œuvre d’une révolution fiscale qui s’attaque à la concentration des richesses dans les mains d’une minorité

Cette politique permettrait de récupérer une série de moyens au service de la transformation qu’attend le pays :

- Mettre la planification écologique au centre de la relance de l’activité économique, commençant par replacer l’eau comme l’énergie dans la propriété publique, en favorisant la mise en œuvre d’une grande politique industrielle respectueuse de l’environnement. Développer et rénover les services publics et la Fonction publique.

- Lutter efficacement contre les fermetures d’entreprises et les licenciements qui se multiplient en ce moment en imposant l’interdiction des licenciements boursiers, de nouveaux droits pour les salariés comme la création d’un droit de veto des élus du personnel en cas de fermeture ou délocalisation, un droit de préemption de l’activité par les salariés, la mise en place d’une véritable Sécurité Sociale Professionnelle qui permette une continuité du revenu tout au long de vie.

- Engager la hausse des salaires et des pensions, la revalorisation des minima sociaux pour que chacun puisse vivre dignement. Relever dès maintenant le SMIC à 1700 euros bruts, c’est indispensable pour des millions de familles qui n’arrivent plus à boucler leur fin de mois. Il faut également en finir avec les scandaleux écarts de rémunérations en imposant le salaire maximum (à hauteur de 20 fois le salaire minimum) dans les entreprises privées comme dans le secteur public.

- Rétablir le droit à la retraite à 60 ans pour tous et toutes. Le rétablissement du droit de partir en retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans et validé 41,5 années de cotisation ne profitera qu’à quelques dizaines de milliers de salariés et entérinera le passage à 62 et 67 ans des âges de départ légaux. Il faut remettre en cause les réformes imposées par la droite ces dernières années. Alors que le Conseil d’Orientation des Retraites prépare de nouvelles recommandations en vue de la réforme prévue en 2013, il faut imposer l’exigence majoritaire d’un droit à la retraite pour tous et toute à taux plein dès 60 ans.

Enfin, parce que rien ne se fera sans avancée de la démocratie et de l’égalité des droits, il est nécessaire de :

- Changer et démocratiser les institutions, car le régime monarchique de la Vème République étouffe les aspirations du peuple à décider de son avenir. Abroger la réforme des collectivités territoriales. Mettre un terme aux politiques de stigmatisation des immigrés, des Rroms et à la chasse aux sans papiers. La justice passe par la régularisation de toutes les personnes sans papiers pour en finir avec la situation laissée par la droite, et en particulier celle des travailleuses et travailleurs, des jeunes majeurs et des familles avec des enfants scolarisés. Ouvrir le droit au mariage pour les couples de même sexe, accorder le droit de vote aux résidents étrangers aux élections locales.

L’austérité et la soumission aux politiques libérales ne sont pas une fatalité. La gauche n’est pas inéluctablement condamnée à l’impuissance et au renoncement devant les puissances d’argent. Depuis le rejet du Traité constitutionnel, tous les rendez-vous politiques et sociaux ont attesté que s’exprimait avec force en son sein la demande d’une politique ne se dérobant pas à la remise en cause d’un ordre économique aussi absurde qu’en faillite. C’est sur cette aspiration, sur cette force immense que le Front de Gauche doit s’appuyer s’il veut changer la donne à gauche et dans le pays.

 

Conseil National de Gauche Unitaire

 

Des documents de référence

La FASE participe au

front de gauche


Des tracts d'actualité

Vous êtes ici : Accueil