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Une convergence de plusieurs courants, étape intermédiaire dans le processus de construction du Front de gauche (C&A)

S’il faudra du temps pour faire avancer l’ensemble du Front vers une force politique permanente, il est possible que plus rapidement plusieurs courants qui agissent dans le Front et qui sont convaincus de la nécessité d’une force nouvelle, puissent faire ensemble un premier pas en avant pour surmonter leur éparpillement actuel.

Pour notre part, nous l’avons déjà dit et voté dans nos assemblées en 2011 quand nous avons pris notre autonomie vis-à-vis du NPA, nous sommes prêts à : « converger avec les courants les plus proches et qui partageraient le projet d’un Front de gauche non cartellisé, ouvert et dynamique, et qui posent la question d’une nouvelle force politique.…Une certaine proximité programmatique existe entre plusieurs courants, qui devrait permettre de rassembler des forces militantes agissant dans le Front et en y portant des débats et des combats écologistes, féministes, antiracistes, internationalistes, anticapitalistes, visant une rupture démocratique et une place centrale à l’auto-organisation des luttes sociales et émancipatrices. Nous ne rejoignons aucune autre organisation, et nous sommes convaincus qu’une nouvelle force politique ne peut se faire « autour » ou dans le « creuset » d’une seule organisation. L’échec de l’élargissement du NPA « autour » de la seule ex-LCR nous conforte dans l’idée qu’une force politique nouvelle ne peut venir que de la convergence de plusieurs forces et traditions. »

  • Nous pouvons engager la discussion dès lors que nous situons notre action dans l’idée d’un élargissement et d’une transformation du Front de gauche (FdG). C’est le premier point à clarifier. Dès lors que les composantes du Front ne participent pas au gouvernement social-libéral, et dès lors que le Front de gauche ne se referme pas ou n’éclate pas à l’issue de 2012, l’idée d’un autre « front » ou « bloc » « anticrise » à côté du FdG retarderait la perspective de rassemblement de la gauche de transformation et affaiblirait la dynamique politique indispensable. Et donc on ne peut envisager la construction d’une force politique nouvelle en marge ou en ignorance du rassemblement qui se fait dans le Front de gauche.

  • Un minimum de règles et de principes doivent être respectés pour réussir, étant entendu que cette mise en force commune ne remettra pas en cause le Front, qui continuera avec le PCF et tous ceux qui ne rejoindront pas cette nouvelle formation. Les idées énumérées précédemment, quand on discute d’une force politique issue du Front de gauche, devront se retrouver là aussi.

1) Un regroupement partiel de forces participant au FdG ne se ferait pas sur la base d’une « démarcation idéologique » par rapport au Front lui-même, qui, lui, est rassemblé autour d’un programme d’intervention politique pour combattre le capitalisme. La question ne se posera pas forcément non plus en termes de « fusion » des courants concernés sur la base d’une démarche idéologique et d’un programme de références historiques, dont il faudrait vérifier la validité et la compatibilité. Ce n’est pas une divergence de programme avec le reste du FdG qui justifierait ce regroupement partiel, mais uniquement une volonté partagée de faire un premier pas sans attendre, une première étape à franchir, pour mettre fin à la dispersion de forces relativement faibles et contribuer ainsi à créer une dynamique qui profitera à l’ensemble du Front.

2) Une telle formation politique sera inévitablement la combinaison et la convergence de plusieurs courants qui continueront à exister tant qu’ils ressentiront le besoin de se maintenir. Et le processus même provoquera une arrivée d’adhérent-e-s non-membres des courants initiaux, à qui il faudra donner une place et un espace spécifique (condition pour l’intégration d’acteurs du mouvement social, et pour un dépassement des habitudes acquises par les composantes initiales). Il faut donc qu’il y ait un accord et une confiance mutuelle entre les composantes de la formation commune, pour permettre à la fois la représentation des composantes d’origine sans les faire disparaître, mais ainsi favoriser leur évolution vers des activités (formation, discussions programmatiques) sans concurrence avec celles de la force politique commune.

3) Beaucoup dépendra de la confiance mutuelle qui s’instaurera pour former une direction collective, sans chercher une hégémonie d’un courant sur les autres, avec un fonctionnement de direction privilégiant le consensus, faisant de sa pluralité une force et une cohésion. Autrement dit, les différentes positions politiques, quand il y en a, doivent pouvoir s’exprimer ouvertement, mais en même temps on cherche à ce qu’aucune déclaration publique ne soit faite avant de tenter d’établir une position commune sur la question soulevée. Cela suppose de ne pas avoir peur des débats sur les grandes questions d’actualité qui n’ont pas (encore) fait consensus.

  • La garantie démocratique essentielle pour toute formation politique est que les directions soient élues sur la base de plates-formes politiques, en proportion des votes des militants, s’il y a des divergences avérées. Si c’est un droit qui doit être garanti, ce n’est pas pour autant un devoir de l’utiliser en toute occasion pour cartelliser un parti ou une direction. Il y aura donc nécessité aussi d’identifier les questions politiques, celles qui peuvent être laissées en débat sachant qu’elles expriment des cultures différentes et n’ont pas à être tranchées, de celles qu’il faut clarifier car posant problèmes dans l’intervention de la force commune. Les expériences de centralisme peu démocratique dans bien des partis (y compris dans les petites formations minoritaires dont beaucoup des courants dont nous parlons ici sont originaires) doivent stimuler une vigilance extrême sur la démocratie interne. De plus, dans un processus de ce type qui vise à rapprocher différentes forces, il est impératif de chercher à convaincre par la conviction et l’expérimentation plutôt que d’imposer une décision par un caporalisme organisationnel. Dans une formation « multiculturelle » et formées de différentes composantes comme de nouveaux adhérents, il faudra laisser une forme d’autonomie aux sections de base et une latitude de mise en œuvre des décisions prises collectivement.

  • Il y a lieu d’engager un débat spécifique avec le PG qui pour, le moment, semble rester sur une conception du parti « creuset » qui a montré ses limites : s’il a réuni quelques éléments réels au-delà du noyau initial du courant PRS sorti du PS, il n’a pas intégré de courants ou d’organisation en tant que tels. Il a adopté dès le début un principe de fonctionnement qu’il a voulu très centralisé, mais qui n’évite pas des situations de caporalisation d’instances locales et de déficit démocratique. Pour que la discussion avance positivement, elle ne peut en rester à une proposition d’« ouverture » du PG pour refonder celui-ci, en intégrant les « cadres », ni une force nouvelle « autour du PG » dont les autres courants peuvent être « partenaires associés ». Elle doit se mener dans l’objectif d’une convergence de plusieurs courants ou organisations qui se dépassent dans une formation commune. Ce n’est pas la même chose. Sans doute faudra-t-il aussi examiner avec le PG une série de points politiques à surmonter et qui ont fait débats dans la gauche de transformation : république sociale et révolution citoyenne, désarmement, politique étrangère et place de la France dans le monde, rapport avec le mouvement social et place dominante du « parti », etc. Est-ce un degré de divergences qui rend possible ou non une vie commune dans une même force politique ? Ces divergences seraient-elles tolérables dans un « Front », mais pas dans un parti ? La réponse est en bonne partie dans le degré de démocratie, de liberté d’expression, de rapport entre porte-parole/candidat et décisions collectives (grand classique dans toutes les formations…) et de respect de différentes composantes engagées dans cette construction nouvelle. Nous engageons donc dès maintenant cette discussion spécifique avec le Parti de Gauche par le biais d’un texte et d’une rencontre.

  • Nous sommes, par ailleurs, favorables à une convergence, une collaboration, de celles et ceux qui viennent de la mouvance du NPA, « anticapitalistes unitaires » dispersé-e-s dans de petites forces issues de la crise de l’espace ex-LCR/NPA (GA, GU, CetA). D’abord pour éviter que les forces militantes du NPA continuent à se disperser sans perspectives. Mais aussi parce que nous avons une partie d’histoire politique commune, un certain nombre d’analyses et de références programmatiques en commun. Nous pouvons ensemble faire vivre un courant d’idées à défendre, à proposer, à faire partager aux autres composantes, mais pas une organisation indépendante à créer sur cette seule base programmatique.

  • Nous tirons une leçon de la mauvaise expérience du NPA : plus jamais une construction partidaire autour d’un courant seul, y compris celui-ci intitulé « anticapitaliste unitaire » provenant du NPA. Il y a justement aujourd’hui de nombreuses possibilités pour que ce courant converge avec d’autres courants proches, et nous ferons tout pour qu’une nouvelle formation crée une dynamique qui rassemble et nous dépasse. C’est pourquoi nous engageons la discussion avec les forces prêtes à avancer dès maintenant pour constituer un pôle commun, une formation commune, au sein du Front de gauche, la FASE, l’ACU, la GU et la GA dès lors que celle-ci aura franchi le pas d’entrer dans le Front de gauche.

  • Les réunions d’été et « remue-méninges » devraient, s’ils sont vraiment collectifs, être le bon lieu et moment pour ces discussions. En gardant à l’esprit que tout regroupement partiel ne peut être qu’avec celles et ceux qui sont dans le Front de gauche, et conçu comme facilitateur et non contradictoire avec le maintien d’un Front de gauche, à son élargissement, et à sa transformation en force politique à terme.

Propositions issues de la réunion nationale du courant Convergences et alternative des 12 et 13 mai 2012 

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